Le rugby breton en plein choc après une violente altercation lors d’un plateau loisir santé à Dinard le 21 mars dernier. Ce qui devait être une rencontre amicale et sans contact entre le Rugby Agglomération de Châteaubourg et le Rugby Club Dinardais a viré au drame, laissant un joueur mineur au sol, inconscient, et une communauté bouleversée.
Selon Midi Olympique, les tensions ont éclaté après une invective proférée à l’encontre d’un jeune joueur. Jérôme Backeland, président du club de Châteaubourg, détaille : « On ne sait pas pourquoi en sortant, le joueur de Dinard a voulu faire un tête contre tête avec le nôtre, qui a pris peur et qui l’a repoussé. Mais en reprenant son chemin, dos tourné, il a pris un coup de poing au visage de la part de l’adversaire ».
Le drame ne s’arrête pas là. Alors que la victime restait inconsciente au sol, le frère de l’agresseur aurait intensifié la violence. « Ce voyou lui a asséné un coup de pied au visage et lui a piétiné le dos, alors que notre gars était au sol ! », s’indigne le dirigeant.
Cette affaire prend une tournure judiciaire délicate : l’auteur principal du coup de poing portait ce jour-là un bracelet électronique, bénéfice d’une dérogation malgré une condamnation antérieure pour violences. De son côté, le président du RC Dinardais, Antony Stafford, ne minimise pas les faits mais apporte un éclairage crucial :
« Le joueur qui a porté le premier coup nous a dit qu’il avait été victime de propos racistes et homophobes. Je ne justifie pas son geste mais on ne peut pas avoir ce genre de paroles. »
Une responsable départementale présente sur les lieux confirme des échanges verbaux, sans pouvoir en préciser la teneur exacte. L’auteur des coups serait d’origine martiniquaise et aurait subi des insultes racistes, selon les informations recueillies. Midi Olympique précise que les deux frères impliqués ont déjà été présentés à plusieurs reprises devant la Commission de discipline. La victime a quant à elle porté plainte.
Les répercussions sont lourdes. Le club de Dinard a voté la radiation des deux frères. Sur le plan humain, deux enfants sont suivis par une cellule psychologique de la Fédération Française de Rugby. Sur le plan économique, Châteaubourg déplore la perte de sponsors et une chute du nombre de licenciés, inquiets face à ces événements.
La Fédération Française de Rugby et la Ligue de Bretagne suivent l’affaire de près et promettent des sanctions exemplaires. Fabrice Quénéhervé, président de la Ligue de Bretagne, affirme : « Ce qui s’est passé n’est pas du rugby ». Une procédure judiciaire est en cours pour faire toute la lumière sur ce dérapage inédit qui a profondément ébranlé le rugby amateur breton.







