Une nuit de mars 2017 s’est muée en cauchemar au cœur d’une chambre d’hôtel. La victime, de retour vers 4 heures du matin avec Denis Coulson, a eu des rapports avec lui. Mais au petit matin, vers 7 heures, le drame bascule : Loick Jammes, un inconnu, puis Rory Grice, croisé plus tôt, rejoignent la chambre pour avoir des relations sexuelles avec elle.
Alors que le procès en appel débute, Victoria Nauche, l’avocate de la victime, dénonce la stratégie de défense des anciens joueurs grenoblois dans Midi Olympique. Elle s’appuie sur des expertises psychiatriques qui révèlent un état neurologique alarmant.
« Leur thèse, c’est que Madame était parfaitement consciente et consentante. Aujourd’hui, nous avons entendu deux experts — un psychiatre et une psychologue — qui ont expliqué ce qui se passe dans le cerveau lorsqu’on est très alcoolisé. La victime l’était effectivement beaucoup, et s’est trouvée dans ce qu’ils appellent un état subconfusionnel, proche d’un état comateux. »
Face à cette horreur, la psychologue a décrit un mécanisme de défense biologique radical : le cerveau se déconnecte pour se protéger du danger extrême.
« La victime n’a aucun souvenir à partir du moment où elle quitte la boîte de nuit jusqu’à celui où elle se réveille — ou plutôt, reprend conscience — avec une douleur aiguë qui la sort de sa torpeur. C’est à ce moment-là qu’elle émerge de cet état comateux, décrit aujourd’hui avec précision par les experts en psychologie et en psychiatrie que nous avons entendus. »
La défense avance que la victime aurait pu retrouver ses esprits en quelques instants, une hypothèse balayée par les conclusions scientifiques présentées à l’audience.
« Ce que les experts ont expliqué aujourd’hui, c’est que l’état dans lequel la victime se trouvait en arrivant à l’hôtel ne pouvait pas être radicalement différent quelques secondes plus tard. Cette jeune femme donnait l’apparence d’une personne totalement ivre, incapable de se rendre compte de ce qui se passait. »
De nombreuses zones d’ombre persistent, notamment sur le rôle de Rory Grice. Un silence qui pèse lourd sur la victime.
« Notre cliente ne peut pas combler ces zones d’ombre, et c’est très douloureux pour elle. D’une certaine manière, si les accusés pouvaient apporter un véritable éclairage sur ce qui s’est passé dans cette chambre, cela aiderait la victime à poursuivre son travail de réparation, déjà long et difficile, d’autant plus dans cette période où elle revit ces instants. »







