Une décision arbitrale controversée a privé les Ospreys d’une qualification méritée pour les quarts de finale. Dans les derniers instants de la rencontre, un essai de Kieran Hardy semblait offrir une victoire héroïque à l’équipe galloise. Mais l’intervention du TMO (arbitrage vidéo) a bouleversé le résultat, accordant finalement la victoire à l’Ulster (28-24) au terme d’une scène chaotique.
Au centre de la polémique : une passe d’Owen Watkin signalée en-avant par l’arbitre Anthony Woodthorpe, sous l’insistance du TMO David Rose. Pourtant, les images restent sujettes à l’interprétation et ne révèlent pas une erreur évidente.
Owen Doyle, ancien responsable des arbitres, a vivement critiqué cette décision dans l’Irish Times, dénonçant une « dérive dangereuse de la technologie » : « Il est essentiel que les arbitres vidéo respectent les protocoles qui stipulent très clairement qu’ils ne doivent conseiller l’arbitre que sur les points clairs et évidents. Ce n’était manifestement pas le cas. Rose n’avait aucune raison valable d’intervenir. »
Pour Doyle, ce choix illustre un arbitrage vidéo devenu « intrusif » à l’excès, affaiblissant la responsabilité des arbitres de terrain. Il appelle à une réforme urgente de World Rugby : « Le problème de l’arbitrage vidéo s’est également posé dans d’autres matchs – il devient de plus en plus intrusif. La réalité, c’est qu’il n’y avait aucune preuve concluante, claire et évidente que le ballon ait été passé vers l’avant. »
L’expert met également en garde contre la psychologie des officiels : « Si les arbitres ont peur de commettre des erreurs, ils n’ont rien à faire là. Il est hors de question de permettre aux officiels d’étendre les protocoles au point de rendre l’arbitrage vidéo quasiment équivalent à un deuxième arbitre. »
La communauté rugby est largement d’accord pour dénoncer cette erreur. Le consultant Tom Shanklin estime que les arbitres ont négligé « la physique de la course » : « Pour moi, la balle semble sortir à plat. Elle ne paraît pas être lancée vers l’avant. Il faut regarder les mains. Les Ospreys sont vraiment lésés. »
Même du côté irlandais, on admet avoir bénéficié d’un coup de pouce du destin. L’ancien international Steven Ferris a précisé que les joueurs de l’Ulster eux-mêmes « disent avoir eu de la chance ».
Cette décision reste une véritable « tache sur la compétition » qui risque de peser longtemps sur les Ospreys, alors que la franchise traverse une période incertaine quant à son avenir.







