Le président de la Ligue Nationale de Rugby (LNR), Yann Roubert, a enfin pris la parole dans les colonnes du journal *Le Figaro* pour répondre aux demandes du Stade Toulousain concernant le Salary Cap.
Il confirme d’abord que la LNR va prochainement réagir officiellement au courrier envoyé par le club de la Ville Rose : « Nous avons bien reçu le courrier des avocats du Stade Toulousain. Nous allons en discuter en bureau dès demain (mercredi), puis probablement soumettre une réponse à l’approbation du comité directeur, qui se réunira autour du 24 ou du 26 avril. »
Yann Roubert remet ensuite en perspective l’importance d’intégrer dans le Salary Cap les revenus perçus par les joueurs via des contrats conclus avec des partenaires de leur propre club : « Il faut rappeler que le salary cap est un élément déterminant pour l’équité des championnats, et donc pour leur compétitivité et leur attractivité. Inclure dans cette assiette les éventuelles sommes versées par un partenaire d’un club à un joueur est indispensable pour éviter des contournements via des montages en triangle. Il est facile d’imaginer qu’un club puisse demander à un partenaire de lui verser moins directement, tout en rémunérant certains joueurs à côté. »
Il illustre ce risque de contournement : « Par exemple, au lieu d’un million d’euros versé au club, le partenaire pourrait en verser 500.000 à un joueur, puis répartir le reste entre plusieurs autres joueurs : 200.000 pour l’un, 100.000 pour un autre, puis 50.000 pour d’autres. Ce type de mécanisme de contournement n’est pas théorique, il a déjà été envisagé par le passé. Ces règles visent donc à garantir l’équité entre les clubs, ainsi que la compétitivité et l’attractivité de la compétition. »
À ce jour, seule la formation toulousaine conteste cette règle : « Non, pas à ma connaissance. En tout cas, cela n’a pas été exprimé, et la majorité en faveur de ces dispositions reste très large. »
Si Yann Roubert reconnaît l’importance du débat, il insiste sur le fait que le Salary Cap a été adopté par une écrasante majorité des présidents de clubs : « Il est normal qu’il y ait du débat. Celui-ci a eu lieu de septembre à février avec toutes les parties prenantes : clubs de Top 14, puis de Pro D2, syndicats, Fédération et internationaux. Une écrasante majorité s’est dégagée, ce qui permet d’avancer. Le dispositif est vivant, donc les échanges continuent. Le débat juridique est légitime, mais il faut rappeler deux choses : le salary cap a été validé à une très large majorité, et il repose sur un principe de transparence pour garantir l’équité entre les clubs. Le droit doit servir un choix collectif, pas s’y substituer. Il doit le sécuriser. »
Sur les éventuelles sanctions liées aux écarts du Stade Toulousain, le président de la LNR précise : « Les sanctions sportives votées en juillet dernier ne s’appliqueront qu’aux contrôles de la saison 2025-2026. Les éventuelles infractions antérieures seront jugées selon l’ancien barème, sans sanctions sportives. Nous espérons que ces nouvelles sanctions seront plus dissuasives à l’avenir. »
Enfin, Yann Roubert conclut en estimant qu’il serait « très surprenant » que le Stade Toulousain obtienne gain de cause dans ce dossier : « La Ligue représente l’ensemble des clubs. Le débat a eu lieu jusqu’en février. Aujourd’hui, les avocats du Stade Toulousain demandent l’abrogation de certaines dispositions. Il serait surprenant que cette demande soit acceptée. Si une procédure est engagée, nous défendrons la décision collective avec sérénité et détermination. Sur le fond, inclure les parties associées dans le salary cap est essentiel pour éviter les contournements. La majorité en faveur de cette mesure reste très large. »







