Le président de l’UBB, Laurent Marti, s’est longuement confié à *Midi Olympique* après le sacre européen de son équipe face au Leinster. Un titre qu’il entend pleinement savourer tant la victoire en Champions Cup reste un exploit rare et difficile à atteindre.
« Sauf la voix et le sommeil, c’est exactement comme l’année dernière. Mais bon, c’est tellement dur de gagner un trophée que si on ne le savoure pas avec les gars, les familles, ce serait dommage. On en a donc bien profité hier soir. Nous étions tous ensemble jusqu’à minuit. Après, ça s’est un peu dispersé et beaucoup sont rentrés tard », explique-t-il, soulignant l’importance de ce moment de joie partagée.
À l’approche de la finale, la tension était palpable : « C’était très bizarre, car j’avais très peur du Leinster, plus, je l’avoue, que je ne craignais Northampton l’an passé. Mais samedi, au bout de deux ou trois essais, j’ai eu l’impression qu’on était vraiment supérieurs. On a donc vu arriver cette victoire assez tôt dans la partie. »
Laurent Marti est également resté impressionné par l’ampleur de la célébration dans le centre-ville bordelais : « C’est juste hallucinant. Mais c’est à l’image de tout ce que nous donnent nos supporteurs et supportrices depuis de longues années. Ils portent le club, ils ont vraiment aidé à son développement. »
Il adresse aussi un vibrant hommage à son équipe et à son staff : « Je voudrais rendre hommage à mon staff, avec qui je m’entends super bien et aux joueurs. Ils ont du talent, vous le savez. Mais humainement, ils sont super. C’est un groupe facile, même si certains mettent des pièces comme je le disais en plaisantant sur le parvis de la mairie. Humainement, ils sont très riches et pour un président, c’est bien, car ce n’est pas facile de diriger un club. Donc, quand vous avez un groupe talentueux et, en plus, aussi bonnard humainement, c’est du bonheur. »
Convaincu du potentiel de son équipe depuis son arrivée, il confie : « J’étais venu pour ça. Je savais qu’il y avait une histoire ici, un fort potentiel. Je savais que si on travaillait dur, on vivrait de grands moments un jour. Alors, on n’a pas encore tout vécu, mais en tout cas, ce qu’on vit là, c’est chouette. »
Sur la grandeur du défi européen, il insiste sur la nécessité de dominer aussi sur la scène nationale : « Le Top 14 ? Je ne sais pas si c’est un cran au-dessus. Si on le gagne une fois, on pourra le dire. Ce que je constate, c’est que pour gagner la Champions Cup, il faut battre le championnat de France et on l’a fait deux fois. Il faut aussi battre les champions des autres pays. »
Pour les célébrations, l’UBB a choisi le Stade Chaban-Delmas, un lieu symbolique. « C’est une volonté qu’on partageait avec Thomas Cazenave (maire de Bordeaux). Se retrouver à Chaban, c’est facile à organiser, c’est notre maison. Et puis, il y avait en plus un festival sur la place des Quinconces. C’est donc bien de changer un petit peu », explique-t-il.
Enfin, le président se projette vers la suite de la saison, conscient des difficultés à venir en Top 14 : « Oui et d’ailleurs, hier, il y a eu un truc très marrant dans le vestiaire. Yannick (Bru) a essayé de parler au groupe en demandant comment ils voyaient les choses, pour la suite du Top 14. Ce fut un bide total parce que les mecs n’ont fait que plaisanter. Ça a été franchement très marrant. Mais c’est vrai, on est mal embarqués en Top 14. Malheureusement, le pire peut nous arriver, c’est-à-dire une non-qualification. Ce serait terrible. Mais si vous regardez les points, si vous regardez les clubs qui vont s’affronter… Ne pariez pas votre maison, parce que ce sera dur. Il y a aussi des blessés et les joueurs sont très, très bien partis pour fêter le titre européen. Donc, je ne sais pas. On va voir. »
Laurent Marti appelle donc à la prudence tout en restant fier d’un collectif qui a écrit une nouvelle page de l’histoire du rugby bordelais.







