Le manager du Stade Toulousain, Ugo Mola, s’est exprimé jeudi en conférence de presse à l’approche du quart de finale de Champions Cup face à l’Union Bordeaux-Bègles, dimanche à Chaban-Delmas.
Le technicien a évoqué le souvenir amer de la demi-finale européenne perdue contre l’UBB la saison dernière, marquée par de nombreuses blessures et absences.
“C’est vrai qu’on avait un peu cumulé l’année dernière. C’est peut-être ce qui nous a servi d’excuse par ailleurs. On avait enchaîné les petits pépins pas neutres : quand tu perds le talonneur de l’équipe de France, un buteur de la trempe de Thomas Ramos et d’autres… On y avait laissé des plumes. Ça faisait partie de notre histoire de vie, de notre chemin. Cette fois, il y a le retour de Julien Marchand, Peato qui a pu « matcher », Antoine et d’autres. Ils sont nombreux à avoir repris, chose qui n’était pas forcément le cas sur la demie l’an dernier. Au-delà des absences, on s’était un petit peu trompé, planté, et moi le premier.”
Reconnaissant la difficulté que représente la préparation d’un match contre l’UBB, Mola souligne la qualité de son adversaire, champion d’Europe en titre :
“Préparer Bordeaux, ce n’est jamais simple. C’est un challenge permanent tant ils sont brillants. Ce sont les champions d’Europe en titre. On l’a encore vu le week-end dernier, c’est une équipe redoutable. Nous étions, malgré ce qu’on peut penser, ravis qu’ils soient champions d’Europe après nous avoir battus. C’est peut-être de l’ego mal placé mais c’est toujours mieux de perdre contre le champion. Et contre des personnes qu’on apprécie et qui méritaient d’être champions. Aujourd’hui, on est un cran avant. On va peut-être connaître un scénario différent. L’issue aussi, je l’espère. Mais je pense que le scénario sera différent.”
Cette rencontre revêt une signification particulière pour Mola, enfant de la région bordelaise, qui voit dans cette rivalité une source de motivation et de dépassement :
“Encore une fois, et sans faire preuve de condescendance comme certains l’ont écrit, la problématique est que le Stade toulousain existe sur des années. Un temps, ça a été avec La Rochelle qui était une équipe drôlement délicate et difficile à manœuvrer. Ce sera de nouveau le cas dans pas très longtemps. C’est Bordeaux aujourd’hui. On a envie d’avoir ces confrontations. Vous savez, je suis un gamin de la région bordelaise. Je suis un Girondin et j’ai été bercé par les OM-Girondins. Ces rivalités sont nécessaires pour le sport de haut niveau. Ces rivalités amènent des performances et même des dépassements de choses qu’on pourrait croire comme établies. Oui, on va se surprendre d’une manière ou d’une autre. J’espère que nous un peu plus qu’eux. Il faut que vous compreniez que pour les joueurs, l’environnement, l’encadrement que nous sommes, ces matchs sont géniaux à appréhender. On y prend un plaisir fou. Le marathon de notre championnat, parfois, édulcore un peu le niveau de plaisir. Aujourd’hui, quand je vois les yeux pétillants de mon staff et des joueurs, je me dis que c’est génial d’être dans notre situation.”
Au sujet de la rencontre à venir, Mola anticipe un affrontement serré et offensif où la défense pourrait faire la différence :
“On essaie de prévoir les scénarios. Mais il est clair que les défaites de Bordeaux passent souvent par beaucoup de points encaissés, tout comme les défaites de Toulouse. Nous sommes des équipes plutôt prolifiques en attaque. J’ai presque envie de vous dire que celui qui défendra le mieux gagnera dimanche. Mais oui, si on s’amuse à regarder les prévisions de points, pour ne pas parler de mots trop anglais, c’est du 52-46. À 52-46, il va y avoir quelques piles qui vont péter dans le public. Préparons-nous à un match ouvert. Pour autant, ces matchs fascinants, on sait aussi qu’ils se gagnent parfois à l’opposé de ce qu’on pensait tous.”
Ce quart de finale s’annonce donc intense entre deux géants du rugby européen, où chaque détail pourrait peser lourd dans l’issue du match.







