Didier Lacroix, président du Stade Toulousain, s’est confié lors d’une interview accordée à Midi Olympique, dévoilant les clés de la réussite et la pérennité du club emblématique de la Ville Rose.
Pour Lacroix, la force du Stade Toulousain réside dans sa capacité permanente à anticiper, à se remettre en question et à ne jamais cesser d’évoluer. La crainte, selon lui, est essentielle pour maintenir ce dynamisme : « L’obsolescence… Si tu la vois arriver, c’est déjà trop tard. Le rugby, c’est un sport de jeunes. Sur le terrain, dans l’encadrement, tu vieillis mal… À un moment, il faut être capable de se remettre en question, savoir démonter le moteur pendant qu’il tourne et le remonter. À l’identique, ou en mieux. Une crainte doit toujours nous habiter. »
Cette vigilance constante permet au club toulousain d’afficher un temps d’avance sur ses concurrents du Top 14. Mais au-delà des performances sportives, Didier Lacroix insiste sur la dimension humaine et sociale qui façonne l’identité du club : « On est tous de passage. Notre responsabilité, c’est de transmettre. Le propre du Stade toulousain, c’est aussi de dépersonnaliser les choses. La personne la plus importante au club, c’est la personne morale, l’institution. L’idée, c’est de savoir comment la transmettre de la meilleure façon. »
Le président souligne également l’importance de la formation, non seulement des joueurs mais aussi des éducateurs, ainsi que l’engagement envers la section féminine : « Et l’enjeu ne porte pas que sur l’équipe première : il y a les jeunes, la tradition, la manière dont tu formes tes accompagnants, sur et en dehors du terrain… Former des hommes, avec un grand H. Aujourd’hui, j’ai également la responsabilité de la formation des féminines. »
Le Stade Toulousain a depuis toujours un rôle sociétal majeur, loin des tendances actuelles de responsabilité sociale des entreprises (RSE) : « Dans vingt ans, le Stade toulousain aura d’évidence toujours un rôle sociétal fort, qu’il a toujours eu d’ailleurs avec cette capacité à ouvrir grand les bras, à accueillir, à intégrer, à accompagner des gens parfois en difficulté. Ce n’est pas quelque chose qu’on a ajouté récemment pour être dans l’air du temps et répondre à une logique de RSE. C’est profondément inscrit dans l’histoire du Stade car ce club est construit comme ça. »
Enfin, Didier Lacroix rappelle l’équilibre fondamental qui anime le club : « Et ceux qui le dirigent sont habités par ce double projet permanent : être performant sportivement et être utile humainement. Et ça, c’est inaltérable. Dans vingt ans, il y aura donc toujours cette dimension. Peut-être encore plus forte. Et puis, il y aura ceux qui prendront le relais. Peut-être un garçon comme Kalvin Gourgues, qui commence à montrer des choses et qui a déjà une tête bien faite. Peut-être la passion d’un Thomas Lacombre… »
À Toulouse, l’avenir du rugby se construit aujourd’hui dans cette démarche d’excellence sportive, humaine et sociale.







