Ancien ouvreur international français, Frédéric Michalak s’est livré sur sa carrière dans un entretien accordé à L’Équipe. Il est notamment revenu sur la finale mythique de la Coupe d’Europe 2005 remportée par le Stade Toulousain face au Stade Français Paris.
Cette finale, disputée à Murrayfield, en Édimbourg, s’est achevée sur le score serré de 18 à 12 après prolongation. Michalak évoque « un match exceptionnel avec une équipe toulousaine incroyable » :
« Il y avait tout. Un stade chargé d’histoire (Murrayfield à Édimbourg), notre ennemi juré, le Stade Français, et un scénario palpitant. Toute la semaine, on ne savait pas si j’allais pouvoir jouer, c’est vrai. On est menés 12-9, il n’y a plus de temps mais je ne me rappelle pas m’être vu perdre cette finale. C’est peut-être étrange mais c’est comme ça. »
« Cette année-là, avec cette équipe-là, on avait atteint un niveau de confiance énorme. Ce groupe se connaissait très, très bien. On venait de gagner une demi-finale à Leicester, on se sentait costauds. Quand je passe la pénalité pour aller en “prolong”, on sait qu’on leur a mis un coup sur la tête. Après, je réussis une pénalité face aux poteaux et un drop des 40 mètres, excentré et à l’instinct, et c’est plié. C’est une joie immense parce que Paris était notre bête noire, ils nous avaient battus en finale du Championnat en 2003 (et remettront ça en demi-finales en 2005). »
Mais cette soirée reste aussi célèbre pour une scène insolite impliquant le manager toulousain de l’époque, Guy Novès. Immédiatement après le coup de sifflet final, alors que la joie éclatait, Novès a été interpellé et emmené par la sécurité écossaise.
Michalak raconte ce moment resté dans les mémoires : « C’est une des images les plus dingues de la Coupe d’Europe. Le match venait de se finir, on sautait de joie partout et personne ne s’en est rendu compte. Guy a voulu aller chercher quelqu’un de sa famille ou un ami, et comme il ne parlait pas anglais, il n’a pas dû se faire comprendre par la sécurité. Ça a pu l’énerver (rire). Et ils l’ont embarqué. Nous, on n’a rien vu. On a soulevé la Coupe et qu’il y ait le coach ou pas, on s’en foutait. C’est horrible, en fait (rire). »
Un épisode cocasse qui n’a en rien entaché la victoire d’un Stade Toulousain alors au sommet de sa forme.







