Le rugby français secoué par des accusations de triche aux tests neurologiques
Le monde du rugby français est secoué après les déclarations de Gaël Fickou, qui a affirmé que certains joueurs « feraient exprès d’être cata » lors des tests neurologiques de pré-saison, dans le but de faciliter leur retour au jeu après un choc. Une accusation qui a suscité de vives réactions.
Antoine Dupont, capitaine du Stade Toulousain et demi de mêlée de l’équipe de France, a pris la parole en conférence de presse avant le match contre l’UBB pour apporter une réponse à la fois nuancée et ferme. Selon lui, le problème ne réside pas tant dans une volonté délibérée de tricher que dans la fiabilité même des protocoles appliqués en situation de match.
« Fausser les tests? À ce point je ne suis pas sûr. Mais c’est vrai que parfois on doute un peu de la fiabilité de ces tests. Nous on a eu des mecs qui n’étaient pas commotionnés et qui ont manqué les tests. Quand on sort d’un match, d’un plein effort physique et qu’on fait les tests de mémoire comme ceux qu’on fait à froid en début de saison, forcément il y a un delta », explique Dupont.
Le capitaine toulousain insiste également sur la responsabilité des joueurs face aux risques neurologiques. « Même si on n’a pas eu de coup sur la tête, c’est dur de faire les mêmes scores. C’est sûr ces points-là que les joueurs ont des doutes. Mais on est tous très à jour des risques qu’on encourt avec ce genre de blessures. On est les premiers à guetter le moindre symptôme sur le terrain et à être le plus honnête sur nos symptômes et nos sensations quand on sort. Parce que ce sont des choses avec lesquelles il ne faut pas plaisanter. »
De son côté, Ugo Mola, manager du Stade Toulousain, a exprimé son scepticisme face à l’idée d’une mise en danger volontaire des joueurs. « Ça me paraît tellement gros de jouer avec sa santé. Moi j’ai Monsieur Loyal avec moi (il se tourne vers Jérôme Cazalbou, le manager en charge du haut niveau) donc le règlement il est là. C’est suivi de près sur le sujet. Mais je pense que ça serait trop dangereux de jouer avec sa santé. Je ne veux pas le croire », déclare-t-il.
Toutefois, conscient des mutations du rugby moderne, Ugo Mola appelle à la vigilance : « Je ne sais pas si je ferme les yeux au mauvais endroit. Ce qui est sûr c’est qu’on est en train de changer d’air réglementaire, de manière où le Stade Toulousain doit s’adapter, il y a des contraintes physiques et physiologiques qui sont préoccupantes. Et dans un monde où on parle de moins payer les joueurs, moi je pense que le produit magnifique qu’on a entre les mains, le rugby d’aujourd’hui, il faut savoir le préserver. Tant que j’aurai le cul sur un banc, je me battrai pour préserver l’intégrité physique de mes joueurs, pour préserver l’intégrité des joueurs à terme et pour préserver notre formation. »
Ces prises de position rappellent l’importance cruciale de la santé des joueurs et interrogent sur l’efficacité des protocoles mis en place, dans un sport toujours plus exigeant.







