Le talonneur du Stade Toulousain, Peato Mauvaka, se prépare à affronter l’Union Bordeaux-Bègles (UBB) en quart de finale de la Champions Cup. Un rendez-vous chargé d’émotions pour l’international français, qui se remémore avec amertume son forfait lors de la demi-finale de la saison dernière, faute à une grave blessure au genou.
Dans une interview accordée à Sud-Ouest, Mauvaka confie : « Non, les grosses blessures, ça arrive. J’ai fait le deuil de ce truc-là, je n’ai pas ces pensées-là. J’ai travaillé pour bien revenir, chaque match est important. Maintenant, quand on retombe contre Bordeaux, nous, on n’avait pas eu la chance avec Antoine (Dupont, victime de la même blessure en mars 2025, NDLR) de jouer ce match-là… Et d’avoir vu les copains perdre cette demi-finale, ça nous avait fait mal au cœur. On a hâte d’être ce week-end. »
Son absence prolongée lui a toutefois permis de vivre un moment personnel fort : la naissance de son premier enfant. « Je suis tellement content de l’avoir eu à ce moment-là, parce que ça passe tellement vite, il va avoir un an ce week-end. Si je ne m’étais pas blessé, je n’aurais peut-être pas vécu tous ces moments-là. Mais je n’avais pas besoin de ma blessure pour récupérer, je suis un joueur hyperactif. Je n’étais pas fatigué, mentalement, les semaines de vacances qu’on a, ça me suffit. Ça ne me dérange pas de beaucoup jouer. »
Malgré un retour en forme, Mauvaka admet toutefois que son genou ne retrouvera jamais sa pleine capacité : « Ce n’est pas tant qu’il est plus faible, mais je sais que j’ai un truc au genou droit, que sur certains mouvements, sur un appui à droite, je ne suis pas totalement en confiance. Je ne ferai pas comme je faisais avant. J’essaye de ne pas trop forcer pour ne pas revivre cette douleur. C’était sur un appui, donc j’essaye de ne pas trop forcer dessus. Mais ça arrive : ce week-end, [contre Bristol, victoire 59-26 NDLR] j’en ai fait (des changements d’appui), sans y penser. En match, avec l’adrénaline, tu n’as pas trop le temps de réfléchir, ça se fait tout seul. »
Le plus grand défi après une longue période d’arrêt n’a pas été physique, mais mental, notamment dans le secteur de la touche : « C’est la touche. Mentalement, j’ai besoin de jouer, même si je fais des erreurs. Souvent, j’ai fait des erreurs, et après, je suis parti en équipe de France, quand j’ai rejoué contre Bordeaux (mi-mars), j’ai loupé deux touches et je suis parti en vacances. Le fait de beaucoup jouer, c’est ça qui me fait prendre de la confiance. C’est un tout : la connexion avec les joueurs, les gestes, la pression. »
Enfin, Mauvaka se projette déjà sur la confrontation à venir face à l’UBB. « Un gros combat. Quand on regarde nos matches en huitièmes, on a l’impression que c’est un jeu hyper ouvert. Mais quand on y est, c’est beaucoup de combat. Le match chez eux, il y a trois semaines (défaite 44-20), le score était lourd, mais en regardant bien le match, il y a eu beaucoup de combat. Surtout la première mi-temps, ça a tapé des deux côtés. C’est la deuxième mi-temps où on a un peu explosé. Mais ça fait partie du travail qu’il faudra faire pour ne pas lâcher et toujours rester dans le match : ça donne une grosse guerre. »
Peato Mauvaka et le Stade Toulousain se préparent donc à livrer une bataille acharnée, avec la revanche de la demi-finale de l’an dernier en toile de fond.







