Le pilier droit international français Rabah Slimani s’est engagé avec le Rugby Club Toulonnais pour la saison 2026/2027, marquant ainsi son retour en Top 14 après deux saisons passées au Leinster.
Ancien joueur du Stade Français Paris et de Clermont, Slimani revient en France avec une ambition claire, dénuée de toute idée de revanche. Dans une interview accordée à Midi Olympique, il explique : « Non, aucune revanche. Ça ne m’intéresse pas. Quand je suis arrivé en Irlande, j’ai été performant parce qu’on m’a fait confiance. On m’a jugé sur mon potentiel, mes connaissances, mon expérience, pas sur mon âge. Ici en Irlande, on ne me parle pas de mon âge. La seule fois où on m’en parle, c’est quand certains m’appellent « papa ». Mais sinon, ce n’est pas un sujet. »
Le joueur souligne la différence culturelle entre la France et l’Irlande sur la question de l’âge : « Le seul privilège que j’ai, c’est que je ne fais pas le test du « Bronco », le test d’endurance. Sinon, je fais les entraînements comme tout le monde. Malheureusement, en France, on a tendance à dire qu’à partir de 30-31 ans, un joueur est vieux. »
Slimani avoue que cette stigmatisation liée à l’âge peut être pesante. « C’est bête, mais on est humain avant tout. Quand on te répète sans cesse que tu es vieux, ça finit par t’affecter. Tu stresses, tu as peur de mal faire. À Dublin, jamais on ne m’a dit : « Tu es vieux, tu ne sers à rien. » À aucun moment, on ne m’a dit non plus : « Tu ne bouges plus. » On m’a simplement dit : « Fais ce que tu sais faire, le reste viendra. » Et moi, j’ai travaillé pour être au niveau des autres. Malheureusement, les gens ne se rendent pas compte de la portée de leurs mots. »
Son passage au Leinster a été une expérience marquante et riche en enseignements : « Ça aura été une expérience incroyable. C’était tellement soudain que je n’y croyais pas au début. Remporter un titre l’an dernier, peut-être deux ou trois cette année, c’est fou. Jamais je n’aurais imaginé partir jouer à l’étranger, et encore moins au Leinster. Ce que je retiens, c’est l’accueil, le respect, la bienveillance. J’ai beaucoup appris, tant avec les joueurs qu’avec le staff. »
Slimani entretient d’ailleurs une relation forte avec le manager du Leinster, Leo Cullen : « Oui, vraiment. Je ne le connaissais que de nom, même si je l’avais affronté en finale de Challenge Cup avec le Stade français (2013, N.D.L.R). Dès le départ, il a été transparent avec moi. Il m’a dit qu’il voulait m’intégrer pour mon expérience de la mêlée, notamment pour encadrer les jeunes comme Thomas Clarkson, qui n’était pas encore avec l’équipe nationale. Il m’avait aussi clairement dit que la priorité serait donnée aux piliers irlandais. En fait, il n’y a pas eu de mauvaise surprise. Jamais. Tout s’est passé comme il me l’avait expliqué. Sauf que j’ai beaucoup plus joué la première année en raison des blessures des uns et des autres. Et je me suis régalé. »
À bientôt 34 ans, Rabah Slimani prouve ainsi que l’expérience et la détermination restent des atouts majeurs, prêts à contribuer à la force du RC Toulon pour les saisons à venir.







