Hugo Reus, jeune ouvreur de 22 ans, connaît un parcours atypique au sein du Top 14. Depuis 2025, il enchaîne les clubs : La Rochelle, Montpellier, l’USAP, et désormais l’Union Bordeaux-Bègles (UBB). Une succession rapide de contrats qui traduit ses difficultés à s’imposer durablement dans un effectif.
Interrogé par Midi Olympique, Reus revient sur son arrivée en cours de saison à l’UBB, révélant un épisode surprenant : « Pour être honnête, la première fois que j’en ai entendu parler, c’était sur un réseau social. Ça a été un peu particulier et assez rapide. J’ai reçu un appel de mon agent le dimanche. Il fallait prendre une décision assez rapidement pour pouvoir être éligible à la Champions Cup. »
L’ouvreur détaille les échanges avec l’entraîneur Yannick Bru, qui lui a confirmé son rôle et le temps de jeu promis d’ici la fin de saison. Cette arrivée anticipée devait faciliter son adaptation avant son contrat officiel en juillet : « J’ai eu Yannick au téléphone plusieurs fois. Il m’a fait comprendre qu’il avait besoin de moi, que c’était voulu, que j’aurais aussi du temps de jeu jusqu’à la fin de saison. […] Ça s’est fait très rapidement et tant mieux, même si ça n’a pas été facile de partir de Perpignan alors que j’étais dans un groupe extraordinaire et dans une bonne dynamique. »
Reus souligne également le rôle majeur du président bordelais Laurent Marti, qui a maintenu le contact avec lui depuis son départ de La Rochelle : « Depuis que je suis parti à La Rochelle, Laurent Marti ne m’a pas lâché. Je l’ai eu au téléphone chaque année puisqu’il voulait que je revienne au club. Quand la possibilité d’un retour a été possible et que le projet proposé m’est apparu comme être le meilleur pour moi, c’est forcément avec énormément d’enthousiasme que j’ai décidé de revenir ici, là où j’ai grandi aussi. »
Le jeune ouvreur a déjà fait ses débuts en Champions Cup avec l’UBB, une étape qu’il savoure : « Yannick Bru voulait que mon arrivée se fasse très rapidement pour que je puisse être éligible lors des matchs de Champions Cup et ainsi être dans le groupe. […] Dès que Yannick et Noel McNamara m’ont contacté, ils m’ont envoyé tout ce qu’il fallait pour que je puisse travailler de mon côté et ainsi être prêt le plus rapidement possible. »
Malgré tout, l’itinéraire tourmenté de Reus ne le remplit pas de fierté : « Le plus dur, ça a été les moments compliqués que j’ai pu connaître à Montpellier ou en partant de La Rochelle. Trois clubs en un an, c’est synonyme d’une saison à rebondissements et de moments assez compliqués. Perpignan m’a permis de bien rebondir, d’être mieux que ce soit dans mon rugby ou dans ma tête. […] Passer par trois clubs en une saison, ce n’est pas forcément quelque chose que j’afficherai sur mon palmarès. Au final, je me dis que ça me fait prendre en expérience et ça me sera bénéfique pour plus tard. »
Enfin, Reus évoque la rude concurrence au poste d’ouvreur dans le giron bordelais, notamment face à Matthieu Jalibert, « certainement à l’heure actuelle le meilleur 10 du monde ». Mais il voit aussi là une opportunité : « Il y a un staff à Bordeaux, notamment avec Noel McNamara, qui me laisse penser que je vais énormément progresser au sein de l’effectif. Pour jouer deux compétitions, il faut plus qu’un seul ouvreur de haut niveau. On sait que Matthieu va énormément être sollicité avec l’équipe de France. Ça va me laisser beaucoup d’opportunités de progresser et de me mettre en valeur. Maintenant, c’est à moi de continuer à progresser dans cet environnement que je connais et dont j’ai énormément encore à apprendre. Et pour essayer par la suite d’aller chercher le plus de feuilles de match et de minutes, même quand Matthieu sera là. »
Hugo Reus espère que cette nouvelle étape à l’UBB marquera enfin une stabilisation dans sa jeune mais mouvementée carrière.







