La Fédération Française de Rugby mise en examen dans l’affaire Narjissi
C’est un tournant majeur dans l’enquête autour de la disparition tragique de Mehdi Narjissi : la Fédération Française de Rugby (FFR) a officiellement été mise en examen. Une décision saluée par la famille Narjissi comme une reconnaissance de la responsabilité de la fédération dans ce drame.
Interrogé par La Dépêche, Édouard Martial, avocat de la famille, qualifie cette étape de « très importante » et « logique ». Il souligne l’attente et l’émotion des proches de Mehdi : « C’est une décision qui me paraît logique dans cette affaire. C’est une étape très importante aux yeux de la famille Narjissi. Si cette mise en examen est confirmée, c’est évidemment une satisfaction. Je pense à Jalil, Valérie et Inès qui attendaient cette mise en examen, tant il y a eu des manquements et des dysfonctionnements de la fédération à l’occasion de ce déplacement. »
Cette mise en examen reconnaît pour la première fois la responsabilité de la FFR, précise l’avocat : « La responsabilité de la FFR a été affirmée. Ce n’est pas une culpabilité. Mais cette responsabilité va se discuter. Avec des charges et des éléments à décharge. Les Narjissi ne craignent pas le débat contradictoire et y sont même favorables. Ils ne l’ont jamais fui. »
Édouard Martial critique également la gestion de la Fédération, en particulier le rôle de son président Florian Grill : « Monsieur Florian Grill, en qualités de président de la FFR, immédiatement après le drame, a dit à quel point il assumerait cette responsabilité morale. Avec le temps qui passe, lui et sa fédération ont l’art de chercher des fusibles. Effectivement, deux personnes ont été mises en examen pour les fautes commises sur la plage. Mais ils ont oublié l’essentiel : la sécurité vis-à-vis des mineurs. »
L’avocat rappelle que l’équipe de France U18 avait été envoyée en Afrique du Sud avec un encadrement spécifique, un fait « que Monsieur Grill ignore » selon lui. « On ne peut pas s’exonérer avec cette légèreté. On se chargera de lui rappeler dès lors qu’un débat public sera organisé », prévient-il.
Sur le futur de l’affaire, la prudence reste de mise : « Il y a peut-être à envisager d’autres responsabilités. Je rappelle qu’il y a un spectacle, à savoir neuf adultes qui sont sur la plage de Días Beach, qui regardent un jeune garçon de 16 ans qui essaye de sauver son copain en proie aux vagues. On verra comment la justice traite ce dernier aspect du dossier. Les Narjissi, là aussi, attendent et y croient beaucoup. »
L’affaire Narjissi reste ainsi ouverte, la mise en examen de la FFR marquant une nouvelle étape vers la recherche de vérité et de justice.






