Alors que World Rugby souhaite généraliser le carton rouge temporaire de 20 minutes au niveau international, la Fédération Française de Rugby (FFR) et la Ligue Nationale de Rugby (LNR) se dressent fermement contre cette initiative.
Dans un communiqué sans équivoque, les instances françaises expriment leurs vives inquiétudes face à une règle qu’elles considèrent dangereuse pour l’intégrité du rugby.
### Une règle qui divise la planète rugby
Le principe du carton rouge « allégé » est simple : un joueur exclu définitivement peut être remplacé par un coéquipier au bout de 20 minutes en infériorité numérique. Si cette mesure séduit notamment les nations du Sud, la France y voit une dérive majeure.
« Le rugby français […] a réaffirmé l’importance de s’opposer au dispositif du carton rouge 20 minutes tel que World Rugby l’utilise aujourd’hui qui, pour lui, représente un danger majeur pour le rugby », avertit le communiqué.
La FFR et la LNR redoutent que cette sanction réduite amoindrisse la gravité des fautes et encourage un relâchement dans la vigilance face aux gestes dangereux.
### Pour un « carton orange » et un Bunker plus sévère
Face à la proposition de World Rugby, la France avance ses propres pistes, déjà expérimentées en Top 14, comme le rapporte La Dépêche :
– **Renommer la sanction** : promouvoir l’appellation « carton orange » pour ne pas dévaluer le carton rouge traditionnel, qui doit rester la sanction ultime pour les fautes les plus graves ;
– **Renforcer le Bunker** : permettre au dispositif d’aide vidéo, utilisé lors des matchs internationaux, d’infliger un carton rouge définitif quand l’action le justifie, au-delà du seul carton rouge temporaire de 20 minutes.
### Protéger l’arbitrage et la santé des joueurs
L’enjeu est double : préserver la santé des joueurs en maintenant des sanctions dissuasives contre les chocs à la tête, et redonner davantage de pouvoir à l’arbitre central.
Le rugby français souhaite que l’arbitre puisse directement infliger un carton rouge de 20 minutes sur le terrain, sans systématiquement passer par une révision vidéo longue et complexe.
En s’opposant unanimement à cette réforme, le rugby hexagonal espère peser sur les futures décisions de World Rugby et empêcher une harmonisation mondiale qu’il juge néfaste pour l’avenir du sport.







