C’est une annonce qui pourrait profondément redessiner la diffusion du sport à la télévision publique. Ce mardi 5 mai, la commission d’enquête sur l’audiovisuel public de l’Assemblée nationale a dévoilé un rapport aux conclusions radicales : il est proposé de **réduire fortement le budget consacré au sport sur France Télévisions**.
Le quotidien régional La Dépêche révèle les mesures envisagées, parmi lesquelles figure une coupe drastique des financements. Le rapporteur Charles Alloncle recommande de diminuer d’un tiers le budget sport, soit une économie de près de 50 millions d’euros par an. Aujourd’hui, ce budget s’élève à environ 199,6 millions d’euros annuels, répartis à hauteur de deux tiers pour l’achat des droits de diffusion, et un tiers pour la production. En parallèle, les recettes publicitaires générées plafonnent à 39,5 millions d’euros, inscrivant un déséquilibre financier notable que le rapport privilégie d’aborder sous un angle essentiellement économique, soulevant ainsi une interrogation sur la mission du service public.
Cette réduction budgétaire aurait des répercussions immédiates sur la couverture de plusieurs compétitions majeures, notamment le Tournoi des VI Nations, la finale du Top 14, ainsi que les finales européennes de rugby impliquant des clubs français. Ces événements, fortement ancrés dans la tradition du service public et grandement suivis par le public, risquent donc de disparaître des écrans de France Télévisions.
Pour compenser ces économies, le rapport propose que France Télévisions cesse d’acquérir certains droits sportifs, qui seraient alors pris en charge par des chaînes privées. Ces dernières continueraient toutefois à diffuser les compétitions en clair, conformément à la législation en vigueur. Un basculement qui, tout en préservant l’accès gratuit pour les téléspectateurs, entraînerait une perte significative du rôle éditorial de France Télévisions, ainsi que de son accès privilégié aux acteurs du sport de haut niveau.
Le rapport souligne d’ailleurs un paradoxe saisissant : lors des Jeux Olympiques de Paris 2024, 60 millions de Français ont suivi les épreuves sur les chaînes publiques. En 2025, ce chiffre s’établissait encore à 56 millions pour le sport sur France Télévisions. Des audiences extrêmement élevées contrastant avec la volonté de réduire drastiquement les moyens alloués au secteur.
Certaines manifestations emblématiques, telles que le Tour de France, Roland-Garros, Paris-Roubaix ainsi que les Jeux olympiques et paralympiques, bénéficieraient cependant d’un traitement d’exception de par leur importance culturelle et sportive en France.
En revanche, le rugby, qui connaît une popularité grandissante dans l’Hexagone, pourrait voir sa visibilité sur le service public fortement diminuer au profit de diffuseurs privés, déjà très présents sur le marché. Un tournant majeur dans la diffusion de ce sport, qui risque de bouleverser l’équilibre actuel entre service public et privé.







