Le président de Montpellier, Mohed Altrad, tire la sonnette d’alarme sur les lourdes répercussions des tensions géopolitiques au Moyen-Orient sur son groupe éponyme, fortement implanté dans la région.
Dans un contexte international extrêmement tendu, l’homme d’affaires doit jongler entre la sécurité de ses milliers d’employés et les conséquences économiques directes sur son entreprise. Il s’est livré à Midi Libre pour faire le point sur cette situation délicate.
**24 000 salariés dans les pays du Golfe**
Mohed Altrad rappelle l’importance de la présence de son groupe dans cette zone stratégique. « Le groupe Altrad compte 70 000 employés, dont 24 000 travaillent dans les pays du Golfe. Là-bas, on ne fait pas loin de 600 millions d’euros de chiffre d’affaires (environ 10 % du CA total). »
**“La situation est tendue”**
Le chef d’entreprise décrit un climat de crise pour ses équipes sur place. « La situation est tendue. On a l’obligation de protéger les salariés. » Ces derniers vivent dans des camps spécialement aménagés « évidemment dans les meilleures conditions possibles. Avec les échanges de missile, les pressions, ils peuvent être menacés, parfois loin de leurs familles. Donc on fait aussi intervenir des cellules de soutien divers. »
**Une activité directement perturbée**
Les tensions impactent aussi l’activité opérationnelle du groupe. « Les alertes peuvent durer quelques jours. Ça a un impact sur la productivité, indéniablement, et donc sur l’activité du groupe. Même dans d’autres régions, les tensions géopolitiques affectent travail. On fait des efforts énormes, c’est une charge de travail supplémentaire. Tout ça a un prix. C’est une vraie pression. »
**“On pense tenir notre budget mais avec beaucoup de sueur”**
Sur le plan financier, la vigilance est de mise. « La question est, qu’est-ce qu’on doit faire ? Réduire les dépenses. Au début de chaque année, on fait un budget et on l’envoie à un organisme de notation (S & P). Et on a la meilleure note possible. Mais si tu n’es pas dans ton budget, ils peuvent te dégrader la notation induisant un impact sur la dette que tu peux avoir, sur les taux d’intérêt par exemple. »
Malgré les efforts, l’équilibre reste fragile : « En ce moment, on est aux deux tiers de notre année fiscale. On pense tenir notre budget mais avec beaucoup de sueur. »







