Montpellier Hérault Rugby (MHR) connaît un renouveau spectaculaire, le plus marquant depuis son sacre de champion de France en 2022. Après des saisons d’irrégularité, de changements incessants de staff et de frustrations, le club a retrouvé une identité solide à l’approche des phases finales du Top 14.
Deuxième du championnat avec plusieurs journées restantes, le MHR impressionne à nouveau. Une réussite qui réjouit particulièrement Mohed Altrad, président du club. « Tout ça me plaît », confie-t-il dans Midi Olympique, saluant avant tout la métamorphose défensive de son équipe : « Notre défense est efficiente : avant, on attendait les adversaires au plaquage. Maintenant, on se lance comme des fous. […] La base de cette identité, c’est donc ça : défendre comme des chiens. » Ce regain d’agressivité est l’œuvre de Joan Caudullo et de son staff.
Dans l’ombre, Geoffrey Doumayrou émerge comme une pièce maîtresse de cette reconstruction. L’ancien trois-quarts centre est désormais reconnu comme un artisan clé du réveil défensif de Montpellier, au point d’être suivi de près par le XV de France. Mais Altrad ne veut pas en entendre parler : « On ne le lâchera pas. Je ne rigole pas, on ne le lâchera pas. […] Geoffrey est un super coach, qui a compris comment organiser une défense pour qu’aucun attaquant ne passe. »
Le président insiste aussi sur le changement de mentalité au sein du groupe, désormais « sain » et soudé. « Il n’y a plus de râleurs, de mecs qui se plaignent parce qu’ils considèrent ne pas jouer suffisamment. J’aime cet état d’esprit », souligne-t-il. Montpellier a notamment relancé des joueurs en difficulté, comme Mohamed Haouas, Wilfried Hounkpatin ou Stuart Hogg, des « paris » qui paient : « Ils sont très forts et se donnent à mort pour le club. On leur a donné une deuxième chance, ils l’ont saisie. »
Pourtant, malgré ce renouveau sportif, Mohed Altrad se montre bien plus pessimiste sur l’avenir économique du MHR. Le projet autour du stade semble quasiment abandonné et, surtout, le président laisse planer un sombre avenir financier : « Le but, c’était d’arrêter qu’Altrad injecte dix millions d’euros en fin de saison pour combler le déficit. Mais aujourd’hui, je sais que c’est mort. » Il va plus loin avec une déclaration choc : « Je ne suis pas éternel. Aucun de mes enfants ne prendra non plus la suite au MHR. Dès lors, s’il m’arrive malheur, il n’y aura plus de rugby à Montpellier… »
Une mise en garde brutale, qui sonne comme un avertissement lourd de conséquences, malgré les performances très positives du club cette saison.







