Suspendu pour un contact tête contre tête avec le Montpelliérain Valentin Welsch quelques jours avant la demi-finale européenne face à Bath, Jefferson Poirot a traversé une période particulièrement difficile.
Le pilier gauche de l’UBB a accepté la décision disciplinaire, mais sans dissimuler sa profonde frustration. Dans les colonnes de L’Équipe, il confie : « Difficilement. J’ai trouvé la sanction de deux semaines un peu dure. Mais je l’ai acceptée. »
L’attente avant l’annonce officielle du groupe fut particulièrement éprouvante pour lui. « L’annonce de l’équipe pour affronter Bath a été décalée d’une journée pour attendre la décision de la commission de discipline. Quand Yannick Bru a énoncé les 23 retenus sur la feuille de match, sans moi, ça m’a mis un coup », avoue Jefferson Poirot.
L’émotion a atteint son paroxysme en réalisant qu’il manquerait ce rendez-vous européen majeur : « C’était encore plus difficile à encaisser que la sanction en elle-même. Cette demi-finale à Bordeaux, c’était un événement et cette annonce actait que je n’y serais pas. »
À 33 ans, conscient que ces opportunités se font rares, il confie : « J’attendais ce match avec impatience. J’ai 33 ans et j’arrêterai ma carrière en juin de l’année prochaine. Est-ce que j’aurai la chance de revivre une demi-finale ici ? Pas sûr… »
Malgré sa déception, le Bordelais a rapidement cherché à ne pas peser sur le moral du groupe : « Mais j’ai essayé de vite basculer, de ne pas faire la tronche pour ne pas transmettre d’ondes négatives au groupe. L’important, c’était l’équipe, pas moi. »
Sur le plan sportif, Jefferson Poirot exprime un ressentiment profond quant à la manière dont son geste a été jugé. « Sur ma sanction, j’ai la sensation que le contexte n’est pas du tout pris en compte. Aucune circonstance atténuante n’est retenue alors que je suis plutôt bas sur mon plaquage », souligne-t-il.
Le pilier insiste sur l’absence d’intention malveillante : « C’est l’adversaire qui m’attaque et dans un mécanisme de protection, je me tourne et je prends sa tête de côté. Il n’y a aucune intention de faire mal. » Il reconnaît toutefois la difficulté pour les arbitres dans ce genre de situations : « J’ai conscience que ces situations sont très difficiles à arbitrer. »
Jefferson Poirot ne cache pas son exaspération face aux polémiques arbitrales entourant la demi-finale contre Bath, notamment une action impliquant Maxime Lucu. « Sur les polémiques de la demi-finale, il faut arrêter. Arrêter de faire des arrêts sur image. On peut faire dire ce qu’on veut aux images. »
Il prend aussi la défense de son coéquipier : « Ça aurait été ridicule de sanctionner Max sur cette action. À vitesse réelle, c’est tellement furtif. Je pense que le joueur adverse n’a rien senti. »
Enfin, le Bordelais rappelle que le système défensif de l’UBB repose justement sur des plaquages très bas : « À l’UBB, plaquer bas est un objectif par rapport à notre système défensif, ce qui nous permet de mettre plus de pression dans les rucks. »
Cette particularité rend sa sanction d’autant plus amère à ses yeux : « L’ironie du sort, c’est que je suis le joueur ayant le pourcentage de “plaquages bas” le plus haut de l’équipe. D’où ma frustration. »







