Quand Jonathan Sexton rejoint le Racing 92 en 2013, le rugby français réalise un coup de maître. À l’époque, il est impensable de voir cette star irlandaise quitter le Leinster. Triple champion d’Europe, capitaine du XV du Trèfle et lauréat avec les Lions Britanniques, Sexton débarque en Top 14 au sommet de sa carrière.
Le Racing 92 fait sensation en lui proposant un contrat autour de 600 000 euros par an, affichant des ambitions claires : « changer de dimension et s’installer parmi les géants européens ».
Selon Midi Olympique, qui revient en détail sur ce transfert, l’intégration du joueur irlandais est marquée par un professionnalisme impressionnant. Laurent Labit, alors membre du staff francilien, se souvient : « C’était une machine ». Pour lui, Sexton vit rugby du matin au soir avec une obsession du détail et de la préparation, ce qui séduit immédiatement le vestiaire du Racing.
Sportivement, Sexton s’impose vite comme le leader de l’équipe. Pourtant, en dehors du terrain, son adaptation est plus difficile. L’ouvreur confie : « Les choses les plus simples, comme faire ses courses, faire le plein d’essence… Tout était une source de stress. » Le manque du Leinster se fait rapidement sentir.
Quelques mois après son arrivée, Sexton envisage déjà un retour : « Il y a des matches où j’ai pensé : ‘Je vais aller voir le club lundi et lui dire que je rentre’. Et il y en a d’autres où je suis sorti en me disant : ‘Ça y est, c’est bon, c’est le début de quelque chose, je peux rester ici pour toujours.’ C’est pareil avec tout. Il y a toujours des hauts et des bas. » Cette déclaration reflète son mal-être croissant malgré les ambitions parisiennes. Le lien affectif avec le Leinster reste trop puissant.
En 2014, les premières rumeurs de retour en Irlande voient le jour. Le Racing tente de le retenir avec une offre conséquente, mais Sexton doit aussi penser à sa carrière internationale : « Ce choix, je l’ai aussi fait pour ma carrière internationale. Concilier le Racing et la sélection est pour moi très compliqué. J’ai dû faire de nombreux allers-retours entre la France et l’Irlande durant le dernier Six Nations et j’ai manqué un stage. Je suis le seul international de mon pays à évoluer en France et c’est une pression supplémentaire sur les épaules. Des joueurs à mon poste vont progresser dans les deux-trois ans et accumuler de l’expérience. Je pars aussi parce que je ne veux pas perdre ma place. Je vais rentrer au Leinster, qui est dans mon cœur. Cela a été une décision difficile de quitter le Racing, mais facile de signer là-bas. » Peu à peu, le retour à Dublin s’impose comme une évidence.
Des années plus tard, Sexton revient avec franchise sur son passage en France : « J’aurais aimé que les matches que j’ai joués avec le Racing 92 soient pour le Leinster. Je le vois de deux manières. Je suis fier d’avoir beaucoup gagné avec le Leinster. J’ai aussi commencé relativement tard car il m’a fallu du temps pour entrer dans l’équipe. Je serais juste plus heureux d’avoir un CV avec plus de 230 matches pour le Leinster. » Avant d’ajouter : « J’aurais préféré être l’homme d’un seul club. » Ces mots traduisent son attachement profond à la province irlandaise.
L’aventure entre Sexton et le Racing aura été courte, seulement deux saisons. Pas suffisantes pour bâtir une relation durable, mais assez pour marquer l’histoire du Top 14. Son arrivée symbolisait alors un tournant majeur : le championnat français devenait capable d’attirer les plus grandes stars mondiales.







