Ce samedi, l’UBB a surclassé le Leinster en finale de la Champions Cup, décrochant ainsi un deuxième titre européen en seulement deux ans.
Laurent Marti, président des Girondins, s’est longuement exprimé auprès de *Midi Olympique* pour revenir sur cet exploit majeur.
Il confie avoir vécu une semaine de grande inquiétude avant la rencontre : « S’y habituer serait prétentieux, mais c’est vrai que c’était une finale un peu particulière. On a eu moins de peur que contre Northampton, alors que, personnellement, j’étais beaucoup plus inquiet dans la semaine. Elle est magnifique, surtout parce que le parcours a été plus compliqué. Il a fallu battre le champion de France en quart, le champion d’Angleterre en demi-finale, puis le vainqueur de l’URC, qui constitue en grande partie l’équipe d’Irlande. Donc oui, on est très fiers de ce que les joueurs ont accompli. »
Pour lui, ce nouveau succès confirme la progression du club bordelais : « Oui, c’est une confirmation parce qu’on sait d’où l’on vient. On n’avait qu’un seul trophée, donc c’est bien de confirmer. Enchaîner 16 victoires consécutives avec le bonus offensif, je ne sais même pas si ça a déjà été fait. Et puis, comme je l’ai dit, le parcours a été beaucoup plus difficile avec cette première victoire fondatrice en Afrique du Sud. Les joueurs ont fait un travail absolument fabuleux. »
Interrogé sur le statut d’outsider que certains lui attribuaient, il se montrait sincèrement surpris : « Franchement, comme je l’ai dit, j’étais très stressé dans la semaine. Je ne comprenais pas qu’on nous considère comme favoris. C’était une pression négative que je n’avais pas ressentie l’an dernier. Mais pendant le match, au bout de 15 ou 20 minutes, on s’est dit, ce n’est pas possible, ce match ne peut pas nous échapper. J’en ai parlé avec des joueurs qui m’ont confirmé qu’ils avaient très vite senti, sur le terrain, qu’ils allaient gagner. »
Malgré tout, Laurent Marti souhaite garder les pieds sur terre : « Je crois qu’il faut garder beaucoup d’humilité, parce que nous restons un jeune club. Un titre, c’est bien, ça donne une première reconnaissance. Deux titres, on commence à se dire que cela compte vraiment. Mais, à mes yeux, notre palmarès est encore trop limité. J’espère qu’on en gagnera beaucoup d’autres. »
Concernant le Top 14, son discours est nettement plus pessimiste : « Là-dessus, Yannick a complètement échoué (rires). Il a essayé de parler aux joueurs, mais la scène était assez drôle. Malheureusement, on est mal engagés en Top 14. Les joueurs sont fatigués, il y a des blessés, et ils vont célébrer ce titre. Je ne sais pas ce qui va se passer pour nous dans cette compétition. C’est dommage, parce que le Top 14 est extrêmement difficile à gagner, et il faut saisir sa chance chaque année. Là, je suis un peu pessimiste mais avec ce groupe, on ne sait jamais. »
En conclusion, il rappelle l’importance historique du championnat national : « Si aujourd’hui je dis que je préfère la Champions Cup, tout le monde va en rire, je le sais. Mais pour inscrire durablement le club dans l’histoire du rugby, il faut au moins un Bouclier de Brennus. On se souvient du grand Toulon, notamment parce qu’il a gagné trois Champions Cup, mais aussi un Brennus au milieu. C’est aussi quelque chose que les joueurs étrangers doivent comprendre car la Champions Cup est extraordinaire pour eux, mais le Brennus a une saveur très particulière en France. »







