Le géant irlandais du rugby européen, le Leinster, vacille. Après une défaite écrasante face à Bordeaux-Bègles (41-19) en finale de la Champions Cup à Bilbao, une question brûle désormais les esprits : le Leinster a-t-il perdu son aura d’antan ?
Cette défaite marque la cinquième consécutive du club de Dublin à ce stade de la compétition, une série noire qui s’apparente désormais à un véritable traumatisme pour une équipe qui, il n’y a pas si longtemps, dominait le rugby européen sans partage.
Le plus préoccupant reste l’incapacité du Leinster à venir à bout des clubs français lors des grands rendez-vous. Après avoir été battus par La Rochelle en 2022 et 2023, puis par Toulouse en 2024, ce sont désormais les Bordelais qui infligent une nouvelle blessure à cette génération irlandaise autrefois promise à tous les succès.
Ironie du sort, le parcours jusqu’à cette finale avait semblé plus abordable pour le Leinster que pour Bordeaux-Bègles, avec des victoires face à Édimbourg, Sale et Toulon. Mais à Bilbao, face à l’intensité et à l’agressivité défensive des Girondins, des failles longtemps entrevues ont brutalement refait surface.
Pourtant, pendant quelques minutes en début de match, le Leinster a rappelé son rang. “Dès l’entame, les Irlandais ont étouffé Bordeaux avec une interminable séquence de dix-huit temps de jeu conclue par le premier essai du match.” Mais cette domination initiale a vite laissé place à des signes inquiétants.
Un en-avant d’Hugo Keenan dans les premières minutes incarnait cette nervosité inhabituelle, et après cela, Bordeaux-Bègles a pris peu à peu le contrôle. Dominant dans les airs, imposant leur puissance dans les collisions et étouffant les offensives irlandaises avec une agressivité défensive impressionnante, les Bordelais ont déstabilisé le collectif du Leinster, qui s’est rapidement effondré.
Pendant des années, le Leinster symbolisait la machine parfaite du rugby européen. Depuis son dernier titre en 2018, pourtant, la province irlandaise collectionne les désillusions au moment de conclure. Cette nouvelle défaite en finale ne fait que renforcer l’idée que, si le Leinster reste impressionnant, il ne terrorise plus ses adversaires comme autrefois.
Malgré tout, tout n’est pas à jeter dans l’histoire européenne du club. Le Leinster détient toujours plusieurs records prestigieux, notamment celui du plus grand nombre de points inscrits dans une finale, et celui du plus large écart réalisé lors d’un match pour le titre, avec une victoire historique 42-14 contre l’Ulster en 2012.
Mais aujourd’hui, ces souvenirs pèsent comme le rappel cruel d’une époque révolue. Le Leinster, autrefois invincible, semble bien loin de son âge d’or.







