Louis Bielle-Biarrey écrase le rugby européen. Samedi à Bilbao, lors de la finale de Champions Cup remportée 41-19 par l’UBB face au Leinster, l’ailier international français a une nouvelle fois brillé par sa performance impressionnante.
Auteur de deux essais, remportant tous ses duels aériens et affichant une activité défensive intense, Bielle-Biarrey semble évoluer à un rythme supérieur à celui de ses adversaires. À seulement 22 ans, “LBB” paraît déjà hors norme.
Dans les couloirs du stade San Mamés, l’admiration pour le phénomène bordelais ne se cache plus. Christophe Laussucq, entraîneur de l’UBB, ne voit personne au-dessus de lui : « Dites-moi qui est meilleur que lui aujourd’hui, moi je ne le connais pas. » Face au Leinster, Bielle-Biarrey a creusé l’écart dans la première période, inscrivant un doublé et mettant à mal la défense irlandaise, notamment Jamison Gibson-Park.
Les statistiques de « LBB » sont vertigineuses. Avec ses deux essais à Bilbao, il totalise désormais 34 essais cette saison en seulement 30 matchs, dont 23 avec l’UBB et 11 avec le XV de France. Personne ne fait mieux actuellement. En Champions Cup, il conclut sa campagne avec 10 essais en 8 rencontres.
L’ancienne star sud-africaine Bryan Habana, référence mondiale au poste d’ailier, est lui aussi subjugué par le niveau de jeu du Français. Interviewé par L’Équipe, Habana déclare : « C’est maintenant une rock star. » Il va même plus loin en comparant Bielle-Biarrey à un joueur quasi indétectable : « En anglais, on dit « he’s a cheat code ». » Pour lui, « c’est le meilleur ailier du monde en ce moment. »
Le Leinster avait pourtant ciblé son jeu aérien, multipliant les ballons au pied dans cette zone pour le mettre sous pression. Mais le Bordelais s’est montré intraitable, remportant chacun de ses duels aériens.
Cette progression constante impressionne aussi le staff bordelais. Yannick Bru, manager de l’UBB, souligne à quel point Bielle-Biarrey a amélioré son jeu ces deux dernières saisons : « Louis nous étonne encore sur sa capacité à écouter les conseils, à les mettre en application et à travailler. » Il insiste sur la transformation de l’ailier, devenu beaucoup plus complet : « On est passé d’un Louis Bielle-Biarrey ultra-talentueux à un Louis Bielle-Biarrey efficace sur les zones de ruck, qui travaille au sol et qui gagne ses duels aériens. » La finale a confirmé cette évolution : « Il n’en a perdu aucun aujourd’hui. »
Pour Yannick Bru, cette progression témoigne d’une grande personnalité : « Si vous regardez son cheminement depuis deux ans, c’est vraiment la marque des champions. » Il décrit son joueur comme une “éponge” toujours avide d’apprendre : « Louis est une éponge, il écoute, travaille et progresse. »
Dans un élan de complicité et d’humour, Bru dresse un portrait élogieux de sa pépite : « Louis va très vite, il est intelligent, il est beau gosse, il est diplômé, il a un double projet… » Et conclut : « Il va finir ministre des Sports ! »
Après le coup de sifflet final, Louis Bielle-Biarrey a savouré cette victoire avec ses coéquipiers, célébrant notamment avec Marko Gazzotti et Maxime Lucu avant d’embrasser le trophée. Face aux médias britanniques, il a insisté sur la force du collectif : « C’est un moment spécial. C’est incroyable de vivre ça avec cette équipe, on est une grande famille. »







