Le rugby français confirme sa mainmise sur l’Europe. À Bilbao, samedi, l’UBB a inscrit une nouvelle page d’histoire en remportant une sixième Champions Cup consécutive pour un club du Top 14, dominant largement le Leinster sur le score de 41-19. Cette performance exceptionnelle prolonge une série inédite : « Jamais un pays n’avait dominé aussi longtemps la plus grande compétition européenne. »
Ce week-end basque a renforcé cette suprématie française. En l’espace de 24 heures, les clubs du Top 14 ont écrasé leurs homologues irlandais au stade San Mamés. Montpellier a d’abord laminé l’Ulster en finale de Challenge Cup (59-26), avant que l’UBB ne surclasse le Leinster, cumulant un total impressionnant de 100 points inscrits contre 45 concédés sur le week-end.
Depuis 2021, les formations françaises ont remporté dix titres européens sur les douze mis en jeu, avec six clubs différents à l’honneur : UBB, Toulouse, La Rochelle, Montpellier, Lyon et Toulon.
Face à cette domination, Leo Cullen, manager du Leinster, admet l’écart qui se creuse avec les clubs français. Selon lui, la différence réside dans le rythme imposé par le Top 14 : « Ça tient peut-être à la vitesse à laquelle ces équipes jouent. » Il ajoute que cet esprit combatif est un exemple à suivre : « C’est un état d’esprit qu’on doit sans doute adopter aussi dans notre Championnat. » Cullen pointe également une profondeur de banc plus importante et ne cache pas les moyens supérieurs des clubs français : « Le Top 14, c’est un modèle différent du nôtre. On ne peut pas avoir accès à autant de talents étrangers. »
Yannick Bru, manager de l’UBB, voit dans cette domination la conséquence directe de l’exigence physique du championnat français. « Je me rends compte que notre Top 14 est terriblement physique, dur. » Il insiste sur le fait que chaque joueur doit être prêt à se donner à fond : « Cette saison, on voit que si on a 2 ou 3 joueurs, dans les 23, qui ne sont pas prêts à tout laisser sur la pelouse, on ne remporte pas le match. » Pour Bru, cette intensité forge les meilleures équipes européennes et pourrait bien être à l’origine d’une « construction quelque chose de spécial » dans le rugby tricolore.
Le Top 14 a incontestablement pris une autre dimension. Les clubs français ne ménagent pas leurs efforts, investissant massivement dans « staffs ultra spécialisés, préparation physique poussée, infrastructures modernes, stades pleins, budgets en hausse, droits TV puissants ». Pendant ce temps, plusieurs clubs anglais ont disparu après la crise du Covid, et les provinces de l’URC peinent à suivre le rythme, tant sur le plan économique que sportif.
Le résultat est évident : le Top 14 évolue aujourd’hui dans une catégorie à part sur la scène européenne. Après les démonstrations de Montpellier puis de l’UBB à Bilbao, nul ne semble en mesure d’arrêter cette domination française.







