Maxime Machenaud fait son retour sur les terrains ce samedi, titularisé face au Stade Français Paris pour la 25ème journée du Top 14. Sept mois après une grave blessure au genou, le demi de mêlée bayonnais retrouvera la compétition avec l’Aviron Bayonnais.
Dans un entretien accordé à Sud-Ouest, Machenaud confie avoir immédiatement compris la gravité de sa blessure, survenue le 11 octobre dernier. « J’ai compris tout de suite. J’avais l’expérience de ma première rupture des ligaments croisés. Je savais. » Malgré cette mauvaise nouvelle, il a rapidement fixé un objectif ambitieux : « rejouer avant la fin de saison ». Les douleurs ont parfois été dures, mais sa passion pour l’entraînement et la confiance accordée par les médecins l’ont aidé à tenir le cap : « À partir du moment où le chirurgien m’a dit que j’avais un genou assez sain et que si je faisais une bonne rééducation, je n’allais pas avoir de problème pour revenir à mon meilleur niveau physique, j’étais confiant. »
Machenaud ne s’est jamais inquiété quant à la pérennité de sa carrière, même dans sa dernière année de contrat, estimant que sa rigueur et ses performances parlent d’elles-mêmes. « Non parce que je savais les prestations faites avant de me blesser. Les gens connaissent ma rigueur au quotidien. C‘est un petit milieu, le rugby. Et les réseaux sociaux servent aussi à ça. » Il réfute en revanche utiliser ces plateformes pour décrocher des contrats, insistant sur leur dimension plus authentique : « Je ne fais pas ça pour ça. C’est juste naturel, mon quotidien. Il n’y a pas que la réalité sur les réseaux sociaux, j’en suis conscient, mais j’essaie de mettre ce que je suis réellement. »
À la fin de la saison, Machenaud rejoindra le Racing 92, club qu’il a quitté en 2022 après dix années passées au sein de l’effectif. Un retour inattendu, mais très apprécié : « Quand j’ai quitté ce club, je ne m’attendais pas à y revenir. Y retourner est la meilleure chose qui pouvait m’arriver pour finir ma carrière. Il y a deux clubs qui ont une saveur particulière : ton premier, Bordeaux, et celui où tu as passé le plus de temps. J‘ai connu des choses exceptionnelles au Racing. »
Au sein du Racing, il entend transmettre son expérience aux jeunes joueurs, notamment à Léo Carbonneau. « Ils avaient besoin d’expérience. Mais Patrice Collazo recrute aussi un joueur de rugby. Je me suis préparé pour revenir à mon meilleur niveau physique, pour être compétiteur et faire mes matches. »
L’exigence est toujours au cœur de son quotidien : « Les jours de repos, j’aime bien faire une séance de renforcement, soit chez moi, parce que j’ai tout le matériel, ou dans un environnement extérieur, pour changer. J’ai aussi quelqu’un qui me masse toutes les semaines. Je fais sauna et bain froid trois fois par semaine. Le dimanche, j’aime aller au club. Je fais ma séance pendant que mes enfants jouent sous la halle du Campus. »
Malgré son attachement à Bayonne, il a décliné une offre pour intégrer le staff technique du club. « Forcément un peu, parce qu’on ne sait pas de quoi demain sera fait. Mais si je fais les efforts nécessaires pour apprendre ce métier, j’aurai peut-être d’autres opportunités plus tard. »
Machenaud revient également sur la frustration liée à la seconde partie de saison de Bayonne, qu’il a vécue depuis l’infirmerie : « Quand tu es blessé, tu fais partie de l’équipe sans être vraiment dedans. T’essaies d’apporter de la bonne humeur mais tu n’es pas sur le terrain, tu n’as pas d’impact. Et tu es aussi un peu égoïste, car focalisé sur ta récupération. J’étais en fin de contrat. Je pensais aussi à l’après. »
Sa volonté de revenir en jeu avant la fin de la saison s’explique d’abord par l’ambition collective : « D’abord parce que je pensais qu’il y aurait quelque chose à jouer. Quand je me suis blessé, on était 4e. On avait fait un bon début de championnat donc il fallait essayer de revenir pour une éventuelle phase finale ou une demie comme l’année dernière. » Puis par sa passion pour le rugby : « Quand j’ai vu que ce n’était plus possible, c’est l’amour de ce sport qui m’a guidé, tout simplement. J’aurais très bien pu me préserver pour le Racing mais jouer me servira pour l’année prochaine et, surtout, j’avais envie de partager d’autres moments sur le terrain avec les mecs. »
Enfin, son prochain retour au Racing 92 s’annonce délicat sur le plan personnel, sa famille restant à Bordeaux. « Je n‘ai pas beaucoup bougé durant ma carrière (Bordeaux, Agen, Racing et Bayonne). Ma femme et mes enfants vont s’installer à Bordeaux. Ils sont plus grands (Gaspard a 11 ans, Augustin 9 et Sacha 5), ils comprennent. Notre vie familiale est à Bordeaux. On s’y sent chez nous. Leurs cousins sont là-bas, mes frères, nos attaches… Dès qu’on a du temps, on y va, même quand il fait beau au Pays basque. On est aussi très attachés au bassin d’Arcachon. On y est parfois mieux à la plage qu’ici. Ça fait 20 ans que je suis loin de chez moi. C‘était le moment. »







