L’enquête sur la disparition en mer de Medhi Narjissi, survenue il y a près de deux ans lors d’un stage du XV de France U18 en Afrique du Sud, prend un nouveau tournant avec l’émergence d’un témoignage clé.
Une touriste française, présente sur les lieux au moment des faits, affirme avoir alerté un membre de l’encadrement français sur le danger que représentait la plage de Dias Beach, quelques instants avant la disparition du jeune rugbyman.
Le journal L’Équipe détaille ce rebondissement important.
Le 7 août 2024, Medhi Narjissi disparaissait en mer pendant une séance de récupération organisée sur Dias Beach, réputée pour ses forts courants. Dix jours plus tard, cette vacancière transmettait un témoignage spontané au consulat général de France au Cap, document ensuite remis à la justice.
Dans ce courrier, elle rapporte avoir observé les jeunes joueurs entrer dans l’eau alors qu’elle se trouvait avec sa famille sur un sentier dominant la plage.
« J’ai constaté une grande d’excitation, des jeux et des cris d’amusement de la part de ces jeunes lorsqu’ils étaient dans l’eau. »
Elle confie aussi son étonnement face à cette baignade :
« En observant cette baignade toujours sur le même chemin surplombant la plage, nous avons manifesté à haute voix notre étonnement et notre inquiétude de voir se baigner des jeunes gens à cet endroit qui est de toute évidence dangereux compte tenu de sa configuration près de hautes falaises, des forts courants et des vagues. »
La partie la plus significative du témoignage concerne un échange avec un membre du staff français.
« Un des membres du personnel encadrant qui nous a croisés sur le chemin nous a entendu dire à haute voix que nous trouvions cette baignade “dangereuse et inconsciente”. »
La touriste ajoute que cet encadrant lui aurait répondu expliquer qu’il s’agissait d’une séance de récupération en eau froide.
« Il nous a précisé qu’il s’agissait d’un exercice de récupération en eau froide. »
L’identité de cette personne demeure inconnue. Selon L’Équipe, Robin Ladauge, préparateur physique, était déjà dans l’eau à ce moment-là, laissant supposer que l’échange aurait pu avoir lieu avec Stéphane Cambos, manager de la sélection, qui a toujours nié avoir validé cette baignade.
Ce témoignage pourrait permettre aux enquêteurs de vérifier si plusieurs responsables de l’encadrement avaient été alertés sur les risques de la plage avant le drame.
La témoin, qui n’a pas encore été entendue dans le cadre de l’instruction, s’est dite prête à collaborer pleinement avec la justice :
« Je ne souhaite pas témoigner dans la presse. Je le ferai dans le cadre du procès. Évidemment, je me tiens à la disposition de la justice et j’imagine que je vais être entendue dans le cadre de l’instruction. »
L’instruction, toujours en cours, vise à éclaircir précisément les circonstances ayant conduit à cette disparition tragique. Robin Ladauge, Stéphane Cambos ainsi que la Fédération Française de Rugby ont été mis en examen, tout en bénéficiant de la présomption d’innocence.







