Le Racing 92 a marqué les esprits au Michelin en écrasant Clermont 41-13, offrant sans doute sa meilleure prestation de la saison. Ce succès crucial donne aux Franciliens l’opportunité de maîtriser leur avenir avant la réception du Stade Toulousain ce samedi soir.
Pour Patrice Collazo, ce changement d’attitude ne relève pas du hasard. Le manager du Racing souligne qu’un déclic s’est opéré dans le groupe avant ce déplacement décisif. « On s’est dit : « Là, les gars, si on perd, c’est fini, ça s’arrête. » Les mecs ont changé. Ils ont changé de visage dans la semaine, le regard a changé, les attitudes ont changé. » Conscients que la défaite signifiait la fin de leurs espoirs de qualification, les joueurs ont enfin aligné leurs forces sur 80 minutes. « Le potentiel de l’équipe, on le connaît. Maintenant, il fallait aligner les choses. Là, sur 80 minutes, je suis content pour l’équipe. »
Longtemps en proie à une alternance entre bonnes séquences et désillusions, le Racing a cette fois présenté un jeu cohérent et performant. « Le niveau de performance que l’équipe a eu à Clermont, on le connaissait. Mais il fallait tout mettre ensemble à un moment donné, que tout soit vraiment fusionnel. On a été fusionnels sur ce match. » Collazo reconnaît que jusque-là, son équipe laissait souvent filer des rencontres à cause de détails : « Souvent, il manquait un petit truc. Ou ça ne durait pas sur 80 minutes, ou il y avait une chute, ou les avants baissaient d’intensité, ou on n’était pas assez conquérants devant, ou notre défense nous faisait défaut, ou on avait des scories… »
Malgré ce succès convaincant, la qualification n’est pas encore acquise. Cinquièmes, les Franciliens doivent encore valider leur ticket pour les phases finales face au Stade Toulousain. Collazo met en garde contre tout relâchement : « On a un objectif, on a une feuille de route. On n’a fait que 50 % du chemin. Il nous reste 50 % à faire pour se qualifier. »
Le défi s’annonce de taille face à Toulouse, déjà assuré d’accéder aux demi-finales. Mais le manager francilien ne sous-estime pas ses adversaires. « Toulouse reste Toulouse. » Il refuse également de spéculer sur la stratégie des Toulousains : « Les Toulousains ont un mode de réflexion, un mode de calcul qui leur appartient. Ils sont dans une autre problématique. Donc ça ne sert à rien de rentrer dans leur tête et de vouloir dire comment ils vont calculer, comment ils vont aborder le match et comment ils vont le jouer. »
Pour le Racing 92, la pression est énorme. Ce rendez-vous ne ressemble plus à un simple match de championnat. « C’est comme le match de Clermont de la semaine dernière. Ce n’est pas un match de championnat. Pour nous, c’est déjà un match éliminatoire, donc on est dans une autre configuration. » Une victoire scellerait leur retour en phases finales après avoir échoué aux portes du top 6 la saison dernière, tandis qu’une défaite pourrait anéantir cette spectaculaire remontée en fin de saison.







