Philippe Saint-André à un pas de marquer l’histoire avec Provence Rugby
Ce samedi, Provence Rugby disputera pour la première fois de son histoire la finale de Pro D2 face au RC Vannes. Un rendez-vous majeur pour le club aixois, mais qui n’est qu’une étape pour son manager, Philippe Saint-André.
À la veille du grand rendez-vous, l’ancien sélectionneur du XV de France a rappelé les doutes qui avaient entouré sa décision de rejoindre Provence Rugby l’été dernier. « Beaucoup de personnes m’ont dit que j’étais fou », confie-t-il à Midi Libre. Peu familier avec la Pro D2, il admet qu’il aurait pu choisir une voie plus confortable : « Je venais d’avoir 58 ans, j’étais reparti à la radio et je me régalais. » Mais l’appel du terrain a finalement été plus fort : « Construire une équipe, façonner un groupe, créer un état d’esprit, c’est un métier mais c’est surtout un énorme kiff et une passion. »
Après une seule saison à la tête du club, Saint-André a déjà fait franchir un cap à Provence Rugby, qui a enfin dépassé le stade des demi-finales pour atteindre la finale. Pourtant, l’ex-international reste lucid : « L’aboutissement serait d’être champion ou après de monter en Top 14. » Son message reste clair et constant : « Après Colomiers, j’ai dit aux joueurs qu’il fallait gagner un match de plus. C’est un cap pour le club mais pas un accomplissement, il reste encore une marche et il faut être aussi affamés. »
Cette exigence explique son attitude mesurée après la qualification obtenue contre Colomiers, alors même que toute la ville fêtait l’exploit. « Tout le monde était euphorique autour de moi. J’ai tout de suite dit bravo à tout le monde après la victoire, aux joueurs que j’étais fier d’eux et très heureux, mais on n’a rien gagné. » Conscient que la finale est un « moment exceptionnel », il s’attache à garder ses joueurs calmes : « J’essaye donc de les guider, d’amener un petit peu d’expérience pour qu’ils profitent bien du match sans être trop excités. »
Face à un RC Vannes largement favori après une saison régulière maîtrisée, Provence Rugby endossera le costume d’outsider, qui sied parfaitement à Saint-André. « Le rôle d’outsiders nous va très bien. On avait l’impression de l’être lorsqu’on a reçu Brive, on l’était à Colomiers, donc je suis très heureux qu’on le soit encore. » Il rappelle aussi que ses joueurs ont déjà prouvé qu’ils pouvaient battre les Bretons : « On a gagné à domicile lors du match retour il y a quelques semaines. C’est important que les joueurs sachent que ce n’est pas impossible, qu’ils l’ont déjà fait. »
Malgré la satisfaction du parcours accompli, Philippe Saint-André refuse de s’emballer : « On en a franchi une demie. Maintenant il reste encore une grosse étape. » Celle-ci pourrait offrir à Provence Rugby son premier titre en Pro D2 — une consécration qui donnerait raison à un technicien que beaucoup jugeaient fou il y a encore quelques mois.







