La lourde défaite subie à domicile face au Racing 92 (13-41) a laissé des traces profondes du côté de Clermont. À quelques jours d’un déplacement crucial sur la pelouse de l’Union Bordeaux-Bègles, les Auvergnats tentent de surmonter une désillusion qui pourrait compromettre leur course à la qualification.
Thomas Ceyte, deuxième ligne de l’ASM, ne cache pas sa frustration. Plusieurs jours après la déroute, il admet que ce revers a fortement marqué le groupe. « C’est un peu compliqué car on gâche un peu notre saison malgré tout. » Il ajoute aussi : « Pour switcher et basculer sur le prochain match, c’est difficile car nous ne sommes plus totalement maîtres de notre destin. » Une situation frustrante pour Clermont, qui avait pourtant son avenir entre les mains avant cette ultime rencontre à domicile.
Conscient de l’impact de la défaite, le manager Christophe Urios a décidé d’alléger le programme d’entraînement en début de semaine. Il mise désormais sur un travail mental pour remettre les têtes à l’endroit, délaissant temporairement les séances de rugby. Dans un entretien accordé à La Montagne, Urios confie : « Nous avons fait le choix d’une semaine plutôt légère. Je n’ai pas envie de faire du rugby demain. J’ai besoin, personnellement, de ce début de semaine pour solder les choses. On ne se reverra que jeudi collectivement pour parler de nous et pas du match de l’UBB, et préparer cette rencontre au mieux, où il sera important de montrer un autre visage que celui affiché face au Racing. » L’objectif est clair : laisser le groupe digérer la déception avant de se concentrer pleinement sur Bordeaux.
Malgré ce coup dur, Clermont garde une infime chance de se glisser dans le top 6. Pour y parvenir, l’ASM devra s’imposer à Chaban-Delmas tout en comptant sur un faux pas de La Rochelle ou du Racing 92. Un défi de taille face à l’équipe double championne d’Europe.
Pour l’ancien international Olivier Magne, la clé réside dans la dimension psychologique. Selon lui, les Clermontois doivent éviter « de se replier sur soi, de conserver des sentiments négatifs. » Au contraire, il estime que l’équipe doit « considérer ce match comme un défi que l’on est capable de relever. Un challenge enthousiasmant qui peut permettre de générer les attitudes nécessaires pour jouer ce match dans de bonnes conditions. »
À l’aube de cette dernière journée, Clermont doit réaliser l’une des prestations majeures de sa saison. Battre l’Union Bordeaux-Bègles à Chaban-Delmas n’a rien d’une mission aisée. Mais après la gifle infligée par le Racing 92, les hommes de Christophe Urios n’ont plus guère le choix. Une victoire leur permettrait non seulement de conserver un mince espoir de qualification, mais aussi d’effacer une partie de l’immense frustration née du naufrage vécu au Michelin dimanche dernier.







