À quelques heures de la finale de Pro D2 contre Vannes, Provence Rugby affiche une confiance sereine. Conscients de l’ampleur du défi face au grand favori de la compétition, les Aixois comptent toutefois jouer pleinement leur chance.
Si Vannes a largement dominé la saison régulière, les Provençaux sont convaincus qu’une finale obéit à des règles bien différentes.
**Provence Rugby assume son statut d’outsider**
Personne ne mise véritablement sur une victoire de Provence Rugby samedi soir, un constat lucide partagé par le capitaine Andrés Zafra : « Tout le monde voit Vannes gagner, c’est une évidence. » Philippe Saint-André, le manager aixois, refuse toutefois toute résignation. « On est des outsiders ambitieux. On va jouer contre une très grande équipe qu’on respecte mais on ne vient pas en victime. »
Chez les joueurs, ce manque de reconnaissance ne pèse pas.
**« Ça se jouera énormément dans les têtes »**
Pour Léo Drouet, la domination vannetaise en saison régulière ne garantit rien. « Ils ont écrasé la saison, ont terminé à un point du record. Mais les phases finales marquent une toute autre compétition. Ça ne suit pas la logique de ce qui s’est passé avant. Ça dépendra de qui va déjouer, qui va sublimer, qui sera au top niveau ou fera le moins d’erreurs. » Le jeune ailier est catégorique : « Ça se jouera énormément dans les têtes. » Une analyse partagée par Philippe Saint-André.
**Philippe Saint-André mise sur son expérience**
Fort de son expérience dans le rugby professionnel, l’ancien sélectionneur du XV de France connaît bien les pièges de ce genre de rendez-vous. « Une finale, ça peut se perdre avant le match », insiste-t-il, conscient que l’aspect émotionnel sera déterminant pour un groupe qui découvre pour la plupart la pression de ce niveau.
« Tous les gars découvrent ce que c’est une finale, il y en a très peu qui l’ont connu et quand c’était le cas, ils n’étaient pas titulaires. C’est exceptionnel pour eux de vivre cela mais ce n’est pas une fin en soi. La fin en soi, c’est d’être champions, il n’y a que lui dont on se souvient. »
Les joueurs apprécient d’ailleurs l’accompagnement de leur manager dans cette préparation particulière. « Une finale, cela reste un match de rugby mais ce qui est bien, c’est que Philippe a l’expérience pour bien gérer tout ce qu’il y a autour : les trajets, la récupération, le bon planning adapté. Il a l’habitude de tout ça et sait les erreurs à ne pas commettre. »
**Le pack aixois veut encore faire la différence**
Au-delà de l’aspect mental, Provence Rugby mise sur ses certitudes du moment. Les sept victoires consécutives ont renforcé la confiance du groupe. « Au fil de notre série de sept victoires, on a engrangé de la confiance, on tente des passes qu’on n’oserait pas, on a les rebonds pour nous », explique le talonneur Romain Latterrade.
Il souligne aussi une force majeure de son équipe : « Nous avons un gros pack sur lequel nous appuyer : à Colomiers, on a bien avancé en mêlée, la conquête a été bonne… »
Face à Vannes, les Provençaux devront toutefois encore hausser leur niveau. Philippe Saint-André en connaît la recette : « Il va être important de mettre beaucoup d’énergie, de croire en nous, d’être pragmatiques et disciplinés. »
Pour Provence Rugby, l’objectif est désormais clair : transformer ce statut d’outsider en exploit majeur et décrocher le premier titre de Pro D2 de son histoire.







