Au coup de sifflet final, Joan Caudullo affichait un large sourire. Mais derrière cette qualification directe en demi-finale du Top 14 se cachait surtout un souvenir douloureux, celui d’un soir que tout Montpellier préférerait oublier.
### Le souvenir de Grenoble toujours vif
Il y a deux ans, le MHR jouait sa survie lors de l’access-match contre Grenoble. Un moment gravé dans la mémoire du manager montpelliérain : « Oui, je me souviens avoir levé les bras, les larmes aux yeux, à Grenoble, lors de l’access match, où à la 78e minute on était en Pro D2. » Cette phrase résume le chemin parcouru. Ce samedi soir, Montpellier n’a plus rien à voir avec l’équipe qui flirtait alors avec la catastrophe.
### Une qualification loin d’être acquise
Pourtant, tout ne s’est pas déroulé sans encombre à Lyon. Menés à la pause (22-16), les Héraultais semblaient en difficulté. Joan Caudullo avouait son mécontentement : « Je trouvais mes joueurs amorphes. Je trouvais qu’ils n’étaient pas dans le rythme. Je trouvais que Lyon avait été meilleur que nous en première mi-temps. » Le manager allait même jusqu’à douter de ses choix : « Je me suis dit que, à la mi-temps, je m’étais trompé sur la fraîcheur. »
### Le déclic en seconde période
Pour Caudullo, le tournant du match n’a pas été l’exclusion temporaire de Yacouba Camara, mais bien une séquence défensive en début de deuxième mi-temps : « Le tournant du match, c’est une séquence défensive qu’on fait en début de deuxième mi-temps, où on ne lâche pas et où Lyon fait un en-avant. » Cette action a changé la dynamique de la rencontre : « Cette séquence a été fondatrice. Notre défense et notre mêlée nous ont aidés à rebasculer. » Deux secteurs qui incarnent parfaitement la saison montpelliéraine.
### Une série impressionnante
Cette victoire confirme surtout l’impressionnante dynamique du MHR. « Je crois qu’on doit être à 22 victoires sur 25 depuis le mois de décembre », souligne Caudullo. Des chiffres qui expliquent pourquoi Montpellier est désormais l’un des prétendants au Bouclier de Brennus, mais aussi pourquoi le staff avait besoin de souffler : « Je ne me voyais pas repartir lundi pour nous préparer à un barrage ! »
### Un manager prudent et humble
Après la rencontre, le manager a volontairement évité les grands discours : « Je ne voulais pas spécialement faire de discours. » Avant d’ajouter, sur un ton humoristique : « Je pense qu’ils en ont assez de moi. Je leur ai dit : à jeudi. » Car avant de penser à la demi-finale à Marseille, le groupe va s’offrir quelques jours de repos bien mérités.
### Une réussite fondée sur la continuité
Pour Joan Caudullo, ce succès repose sur un projet solide et cohérent : « Je crois au projet. Je crois au fait que, quand on met un projet en place, ça marche. » Il insiste sur l’importance de la continuité : « Quand il y a une continuité, ça marche, quel que soit celui qui est à la barre. » Le technicien admet ne pas avoir imaginé une progression aussi rapide : « Je ne pensais pas que ça allait marcher aussi vite. »
### Montpellier rêve désormais plus grand
La qualification en demi-finale n’est qu’une étape : « Ce n’est pas une finalité. » Le message est clair : « On a envie maintenant d’aller le plus loin possible. » Deux ans après avoir frôlé la Pro D2 à Grenoble, Montpellier figure désormais parmi les quatre derniers prétendants au Bouclier de Brennus, une trajectoire spectaculaire que peu auraient osé imaginer à l’époque.







