À seulement quelques saisons de ses débuts dans le rugby professionnel français, Mathias Remue s’impose progressivement au Stade Toulousain. Polyvalent, capable d’évoluer aussi bien à l’arrière qu’à l’ouverture, le jeune international belge poursuit son apprentissage au sein d’un effectif ultra-concurrentiel, où chaque seconde de jeu se mérite.
Dans un entretien accordé à Midi Olympique, Remue revient sur son parcours, son intégration et ses ambitions dans la Ville rose.
« J’ai commencé le rugby à l’âge de cinq ans et demi, au Picurau, en Belgique. Et depuis, je ne me suis tout simplement jamais arrêté. Le rugby belge est en pleine progression. Les choses avancent, notamment grâce aux résultats obtenus sur le terrain. C’est une évolution progressive, peut-être moins rapide que dans certaines nations, mais bien réelle. J’espère sincèrement que cette dynamique va se poursuivre, notamment pour notre sélection. »
Son arrivée à Toulouse s’est construite patiemment. « Au départ, j’ai participé à un stage d’été ici. On m’a proposé de revenir m’entraîner avec la catégorie de l’époque, mais ça n’avait pas abouti. Plus tard, en sélection jeunes, Sébastien Guntz, qui entraînait les trois-quarts belges, connaissait bien Michel Marfaing, le directeur du centre de formation. C’est comme ça que l’opportunité s’est présentée. »
Conscient du poids du club, il mesure le chemin parcouru depuis ses débuts : « Quand tu es jeune, tu entends forcément parler du Stade Toulousain. C’est un club immense, avec une histoire riche et un palmarès impressionnant. Mais comme je ne venais pas d’une famille de rugby, je n’avais pas forcément de posters sur les murs de ma chambre. Je n’avais pas d’idoles. »
S’il aurait pu choisir une autre voie, le joueur savoure sa chance : « Oui, bien sûr. J’aurais pu rejoindre un autre club. Mais aujourd’hui, je mesure pleinement la chance que j’ai d’être ici. Je suis très fier et très heureux. En quittant la Belgique, mon objectif était d’intégrer une structure professionnelle. Le faire au Stade Toulousain est une vraie satisfaction. »
Sur le terrain, sa polyvalence est un atout clé : « Je ne dirais pas que j’ai vraiment choisi. Plus jeune, j’ai été placé à l’arrière, et en arrivant ici, on a poursuivi dans cette direction. Aujourd’hui, la polyvalence est essentielle. Les postes de dix et de quinze sont très complémentaires et m’offrent deux lectures du jeu différentes, ce que j’apprécie énormément. »
L’ambiance au club, où la concurrence est intense mais saine, lui permet de progresser chaque jour : « Certains donnent plus de conseils que d’autres, mais l’état d’esprit reste très positif. J’ai la chance d’évoluer aux côtés de Romain Ntamack, Thomas Ramos ou encore Ange Capuozzo, tous internationaux. On me fait régulièrement des retours sur des situations de jeu ou des détails à améliorer. En tant que joueur plus jeune, je prends tout avec beaucoup d’envie. »
Quant à ses adversaires, il sait rester humble. « Honnêtement, je les redoute tous. Je n’ai pas de préférence. On parlait de Thomas tout à l’heure… Il a récemment été élu comme l’un des joueurs les plus “détestés” par ses adversaires, notamment pour son côté chambreur. Je l’apprécie beaucoup, mais si je devais l’affronter, ce serait peut-être lui ! »
Enfin, il affiche ses objectifs avec ambition : « Je viens de prolonger mon contrat de trois ans avec le Stade Toulousain, donc mon objectif est de continuer à progresser chaque jour. J’ai eu la chance de disputer sept matchs en Top 14, dont cinq comme titulaire. Je veux désormais gagner encore du temps de jeu et, à terme, m’imposer comme un joueur important de l’équipe. Ce serait une belle réussite pour un joueur belge. »
Entre humilité, ambition et apprentissage permanent, Mathias Remue incarne le profil du jeune joueur moderne, parfaitement adapté à l’exigence du Stade Toulousain. Encore en pleine évolution, il espère transformer ses premières opportunités en un statut durable au sein de l’un des clubs les plus compétitifs d’Europe.







