Une nouvelle affaire de paris sportifs secoue le rugby professionnel français. La Ligue Nationale de Rugby (LNR) a annoncé la convocation de six joueurs évoluant ou ayant récemment évolué en Pro D2 devant sa commission de discipline.
Ces joueurs seront auditionnés le 17 juin prochain dans le cadre d’une enquête sur le respect de la réglementation relative aux paris sportifs, selon Midi Olympique.
Les concernés sont Siméli Yabaki et Kaifevili Talalua, tous deux joueurs d’Aurillac, Léo Labarthe (Soyaux-Angoulême), Eli Eglaine (Grenoble), Mathias Jean (Agen), ainsi qu’Irakli Tskhadaze, ancien joueur du SA XV aujourd’hui sans club.
Cette convocation intervient alors que les instances du rugby professionnel restent particulièrement vigilantes face aux enjeux d’intégrité sportive. La réglementation interdit en effet aux sportifs professionnels de parier sur leur propre discipline, même s’ils ne participent pas directement aux rencontres concernées.
Le phénomène n’est pas nouveau dans le rugby français. En 2015, le pilier d’Oyonnax Jérémy Castex avait été sanctionné d’une amende de 1 500 euros et de deux semaines de suspension pour des faits similaires. D’autres joueurs, comme Arthur Bonneval, Lucas Chouvet et Richard Fourcade, avaient reçu des blâmes accompagnés d’amendes avec sursis.
Quelques mois avant ces sanctions, l’avocat Marc Gallix avait rappelé le cadre légal encadrant strictement les paris sportifs pour les athlètes professionnels.
L’avocat spécialisé expliquait :
« Depuis le 1er janvier 2018, les sportifs n’ont pas le droit de parier sur leur propre sport, même s’ils ne sont pas impliqués directement. C’est l’article 131-16 du code du sport. On peut rapprocher ça de la notion plus générale de “délit d’initié”, le fait de disposer de par une position personnelle des informations particulières qui pourraient vous avantager. »
À ce stade, aucune sanction n’a encore été prononcée contre les six joueurs convoqués. Leur audition permettra d’examiner les faits reprochés avant toute décision de la commission de discipline.
Cette nouvelle procédure illustre la détermination des instances du rugby français à préserver l’intégrité des compétitions, dans un contexte où les paris sportifs restent un enjeu sensible et délicat pour le sport professionnel.







