La Rochelle défiera le Stade Français en barrage de Top 14, un exploit que peu imaginaient encore il y a quelques mois. Portés par une série impressionnante de six victoires consécutives et huit succès lors des neuf dernières rencontres, les Maritimes ont réussi une remontée spectaculaire. Pourtant, Ronan O’Gara refuse de voir cette sixième place comme une fin en soi.
Le manager irlandais savoure la résilience de son groupe sans oublier les moments difficiles traversés. « Non, je ne suis pas soulagé. J’ai poussé pour essayer de faire quelque chose, je suis content que le club soit dans le top 6 parce que beaucoup pensaient que j’étais fou », confiait-il à Sud-Ouest, rappelant la folie nécessaire pour dépasser les limites du club, déjà évoquée lors du sacre européen de 2022.
En février dernier, la situation semblait bien plus sombre. Enchaînant les contre-performances à Marcel-Deflandre, La Rochelle paraissait éloignée des playoffs. O’Gara se souvient : « On parlait de peut-être aller en Pro D2. Il ne s’agissait pas de faire peur, c’était la réalité. » À l’époque, il n’hésitait pas à balayer toute idée de qualification : « On est loin du top 6, arrêtez. On est des perdants en ce moment. »
Aujourd’hui, le décor a changé, mais le technicien refuse toute autosatisfaction. Pour lui, avec l’un des plus gros budgets du championnat, « ce n’est pas une réussite d’être dans le top 6 ». Néanmoins, il reconnait apprécier le chemin parcouru : « Après toute la merde qu’on a mangée, ça me plaît énormément. »
Cette qualification ne doit pas faire oublier les nombreux questionnements qui subsistent sur la première partie de saison. « C’est extraordinaire ce que les joueurs ont fait, mais on a aussi le droit de se demander ce qu’on a fait sur les deux premiers blocs. Ce n’est pas juste lié aux blessures. On a manqué quelque chose, mais ce n’est pas le moment de poser cette question », affirme O’Gara, annonçant un bilan à venir.
Responsable et lucide, l’ancien ouvreur du Munster assume sa part de faute. « La saison dernière et celle-ci, il y a beaucoup de questions. Je suis complètement d’accord avec les supporters », reconnaît-il avant de poursuivre : « C’est important pour moi, pour l’équipe, pour eux, de continuer à en poser vis-à-vis de moi, l’homme pour mener cette équipe à l’avenir. C’est important et intéressant de se remettre en question sur beaucoup de choses. »
Au fil des blessures, des revers européens et des nombreux obstacles, Ronan O’Gara a fait évoluer son approche. Son rugby est désormais plus ambitieux, plus rapide et davantage tourné vers le mouvement. Il a surtout retrouvé un lien fort avec ses joueurs, notamment avec les cadres Grégory Alldritt et Nolann Le Garrec. Une cohésion qui pourrait faire la différence en phases finales.
Malgré les doutes et les remises en cause, O’Gara reste fidèle à lui-même : « On est là et ça m’excite, ça m’inspire. » L’entraîneur n’oublie pas non plus ce que le club lui a apporté depuis son arrivée : « Ce club m’a donné beaucoup plus que je ne lui ai donné. »







