Il y a un an, le Stade Français flirtait dangereusement avec la relégation, terminant douzième du Top 14 et sauvant sa place dans l’élite au prix d’une fin de saison anxiogène. Un an plus tard, tout a changé. Troisièmes de la saison régulière, les Parisiens se préparent à affronter La Rochelle en barrage, symboles d’un redressement spectaculaire.
Pour Lucas Peyresblanques, talonneur du club, cette qualification marque le retour du Stade Français parmi les meilleures équipes du championnat. « Oui, on peut le dire. Si on revient en arrière, on avait terminé deuxième en 2024 et parmi les quatre premiers en 2023. On a retrouvé le top 6 et aussi une identité de jeu qui s’est développée au cours de la saison. Ce barrage vient concrétiser tous les efforts réalisés cette année », confie-t-il au Figaro.
Cette spectaculaire progression tient avant tout à un changement profond dans l’état d’esprit du groupe, initié dès la reprise. « Je pense que ce serait très long d’expliquer toutes les raisons… (rires) On a pu compter sur un état d’esprit qui a été formidable, en prenant un bonus sur quasiment tous les matchs, que ce soit offensif ou défensif. Ça traduit une mentalité qu’on n’a pas eue l’année dernière, et une remise en question de l’ensemble de l’effectif », explique Peyresblanques.
L’intersaison a été un véritable tournant, marqué par l’intégration d’un préparateur mental et de nombreuses discussions au sein du vestiaire. « On a eu un préparateur mental qui a intégré le staff et qui a pu nous aider à se dire les choses. On a tous été blessés dans notre ego. Personnellement, je pense qu’on avait honte des performances individuelles et collectives de l’an passé et qu’on voulait juste faire honneur à nous et au club », révèle-t-il.
Le recrutement a également joué un rôle clé dans cette transformation. « Et après, la mayonnaise a pris directement, avec l’intégration de certains joueurs. On a vu une grande différence. Au poste de centre, Tani Vili et Noah Nene nous ont fait beaucoup de bien. Ce sont des profils que l’on n’avait pas les années passées et ils excellent au centre du terrain », ajoute le talonneur.
Aujourd’hui, le Stade Français s’appuie sur un collectif clairement plus équilibré, permettant à chacun de révéler son potentiel. « Oui, je pense. Après, on bénéficie tous un peu de l’état d’esprit collectif. Ce sont des joueurs qui sont pétris de qualité. Et forcément, quand devant, tu es moins conquérant, un peu plus dans le doute, ils ont du mal à s’exprimer. Cette saison, ils ont pu prouver tout leur talent. Il n’y a pas de secret, quand on met les bons ingrédients, l’équipe se régale », observe Peyresblanques.
Parmi les progrès les plus visibles, la mêlée parisienne s’est imposée comme l’une des armes majeures du club. « On peut toujours s’améliorer. Je pense que, par moments, on manque un peu de consistance dans ce secteur. Mais par contre, on arrive clairement à mettre en difficulté beaucoup de nos adversaires, donc c’est un facteur important pour les matchs de phase finale qui viennent. On veut aussi progresser en touche, où l’on sait qu’on a quelques axes de progression », détaille le talonneur.
Offensivement, le Stade Français est devenu redoutable, affichant la deuxième meilleure attaque du championnat derrière Toulouse. « Oui, c’est un secteur que l’on voulait améliorer. C’est sûr qu’il y a une grosse différence par rapport aux années passées. C’est un travail de plusieurs mois, et aujourd’hui tout le monde est sur même longueur d’onde. C’est ça qui fait la différence. Sur les dernières rencontres, on voit qu’on est quand même assez dangereux », souligne Peyresblanques.
Si le club a connu un coup d’arrêt en Challenge Cup avec une élimination surprise face aux Dragons, cette désillusion a finalement permis au groupe de se recentrer. « Cette défaite, on ne l’avait pas prévue dans la comptabilité, comme on dit. Pour nous, c’était clairement l’un des objectifs de la saison. Ce match n’est certainement pas arrivé au meilleur des moments. On avait des mecs fatigués, quelques absents et on s’est clairement troués. Mais ensuite, on s’est recentrés. Et ça nous a aussi libérés des week-ends, on a pu accumuler de la fraîcheur. Je pense qu’aujourd’hui, on est tous en pleine forme et on est excités de ne pas se rater ce dimanche », confie le talonneur.
Enfin, alors que Paul Gustard regrettait en début de saison le faible nombre de Parisiens sélectionnés en équipe de France, Peyresblanques préfère relativiser. « Je ne sais pas s’il y a une vérité, mais en tout cas, je pense qu’on ne méritait certainement pas d’avoir beaucoup d’appelés en sélection. Quand on sort d’une saison pareille… Je pense qu’on avait juste besoin de travailler », reconnaît-il. Mais il garde espoir : « Ça peut arriver dans les semaines qui viennent, parce qu’on a été performants et que plusieurs de nos joueurs se sont mis en valeur. Mais il faut déjà faire les choses dans l’ordre et parvenir à enchaîner les bonnes saisons. »
Le Stade Français a ainsi retrouvé confiance, équilibre et ambition. Un retour en force qui pourrait bien faire trembler le Top 14 lors des phases finales.







