Il y a encore quelques mois, rares étaient ceux qui prévoyaient que le Racing 92 se hisserait à deux matchs d’une finale du Bouclier de Brennus. Pourtant, après avoir dominé Pau au Hameau, les Franciliens s’apprêtent à défier Toulouse avec une confiance retrouvée et des certitudes bâties au fil des semaines.
Cette montée en puissance porte la marque des joueurs, mais aussi et surtout celle du travail accompli par le manager Patrice Collazo depuis son arrivée.
### Un groupe en pleine ascension au moment crucial
Le Racing 92 avance aujourd’hui sur une dynamique remarquable. Les Franciliens affichent six victoires lors de leurs sept derniers matchs et ont retrouvé cette solidité longtemps absente des dernières saisons. Cette série a cimenté une confiance collective forte : les joueurs enchaînent les succès, récupèrent mieux et montrent désormais qu’ils peuvent répondre présent dans les moments clés.
Samedi soir, Patrice Collazo décryptait cet état d’esprit :
« Cette saison, on a touché les deux extrêmes : un coup en haut, un coup en bas. Mais depuis quelques semaines, nous enchaînons les performances sans vraiment ralentir. Quand mes joueurs se connectent ainsi, ils sont difficilement jouables. »
### Une gestion d’effectif réfléchie qui paie
L’une des réussites majeures de Collazo réside dans sa capacité à gérer son effectif sur la durée. Plutôt que de solliciter sans cesse les mêmes joueurs, il a su régulièrement faire tourner son groupe pour préserver les organismes avant les échéances cruciales.
Le cas de Nathan Hughes illustre parfaitement cette stratégie. Très utilisé en première partie de saison, le troisième ligne anglais a cédé sa place à Shingirai Manyarara lors du barrage contre Pau. Le jeune Zimbabwéen a brillé dans les duels tandis que Hughes pourrait tenir un rôle clé en demi-finale face à Toulouse.
### Des choix forts qui font la différence
Le barrage au Hameau a aussi mis en lumière plusieurs décisions audacieuses du staff. Touché au genou en semaine, Josua Tuisova a été préservé en ne débutant pas la rencontre. À sa place, Joey Manu et Vinaya Habosi ont été titulaires et largement contribué à la victoire.
Habosi s’est notamment illustré dès les premières minutes en attirant plusieurs défenseurs sur une charge qui a permis à Léo Carbonneau d’ouvrir le score. Le choix d’intégrer trois arrières sur le banc s’est également avéré payant, plusieurs joueurs étant contraints de sortir en cours de match.
### Un recrutement ciblé et porteur
La progression du Racing s’explique aussi par des recrutements judicieux. Taniela Tupou est devenu une arme redoutable en mêlée, Thomas Lainault a franchi un palier important, tandis que Vinaya Habosi s’est affirmé en centre.
Mais au-delà des individualités, c’est la cohérence globale qui impressionne. Le Racing n’est plus un simple rassemblement de talents, mais un collectif clairement identifié, capable à la fois de produire du jeu et de s’imposer dans les rencontres fermées.
### Un futur déjà dessiné
Sous contrat jusqu’en 2027, Patrice Collazo a redonné une trajectoire claire à un club qui traversait une période d’incertitude. En dix-huit mois, il a su reconstruire un collectif compétitif et ambitieux.
La demi-finale face à Toulouse sera un défi colossal. Quoi qu’il arrive, le Racing 92 récolte aujourd’hui les fruits de choix stratégiques qui l’ont remis sur le chemin des sommets du rugby français.
Reste une question : Patrice Collazo sera-t-il prolongé par Jacky Lorenzetti ? Difficile d’imaginer le président du Racing laisser filer l’homme qui a su remettre le club francilien dans les bons rails.







