À quelques jours de la demi-finale du Top 14 face au Racing 92, François Cros, troisième ligne du Stade Toulousain, fait un bilan sans concession de la saison écoulée. Entre déceptions, remise en question et ambition, le joueur dévoile les coulisses d’un groupe en quête d’un quatrième Brennus consécutif.
### La défaite contre Clermont, un électrochoc
Pour François Cros, la lourde défaite à domicile contre Clermont a constitué un véritable tournant. « Il est important, tant qu’elles ne le sont pas, de se donner les moyens de rendre les choses officielles le plus rapidement possible. Mais la défaite à domicile contre Clermont nous avait mis un gros coup derrière la tête. » Ce revers a forcé les Toulousains à revoir leur copie : « C’était l’occasion de se dire : “Certes, on a un peu d’avance au classement, mais il ne faut pas se prendre pour d’autres et respecter tous nos adversaires.” Tant que ce n’était pas acté, la première place n’était pas acquise. » Une évidence rappelée par le troisième ligne : « Être premier en fin de saison ne sert à rien s’il n’y a pas de titre au bout. »
### Un excès de confiance coûteux
Le Stade Toulousain a parfois perdu la rigueur qui faisait sa force. « On avait réagi à Marseille derrière, contre Toulon. Ensuite, on a peut-être péché par excès de confiance, ou par suffisance. » La défaite au Stadium reste amère : « Perdre à la maison… Surtout au Stadium, sur un match où le club avait fait l’effort de créer un bel événement. On n’a pas été à la hauteur et on s’est fait remettre en question, notamment devant, sur la conquête. » Une leçon que Cros espère bien avoir tirée : « Dans ce sport, dès que tu manques un peu d’humilité, tu le payes cash. J’espère qu’on a tiré les enseignements. »
### Une inconstance frustrante
Malgré une première place au classement, la saison n’a pas été linéaire. « C’était pénible de ne pas avoir de continuité », confie Cros. Selon lui, le problème tenait davantage à « l’état d’esprit qui était défaillant, plus que notre rugby. On avait un peu d’avance, même si ce n’était pas acté, et il y a eu un peu de relâchement. » Aujourd’hui, le groupe veut se reconstruire : « Les trois semaines de préparation pour la demie doivent permettre de reprendre confiance sur notre saison, notre rugby, tout ce qu’on fait de bien depuis le début. »
### L’élimination en Champions Cup, un goût amer
L’élimination en quart de finale de la Champions Cup contre Bordeaux laisse encore des traces : « On voulait se rattraper de la saison précédente. On a perdu en quart, encore plus tôt. » Voir les Bordelais soulever le trophée n’a fait qu’amplifier les regrets : « Quand on voit celles des Bordelais, ça donne des regrets. On l’a déjà connu. Quand ce n’est pas toi qui gagnes, ça te remet face à toi-même, à ce que tu veux être. » Cette défaite a aussi confronté Toulouse à sa réalité du moment : « On était face à notre réalité du moment, qu’on n’a pas été invité sur ce match. On a été fortement remis en question, notamment devant. »
### Le pack veut reprendre le pouvoir
Pour François Cros, la conquête sera déterminante lors des phases finales. « Pour les équipes qui ne sont pas dominatrices devant, c’est dur de s’en sortir. » Il cite ses principaux adversaires : « Bordeaux, Montpellier ou le Stade Français ont de grosses conquêtes, des packs redoutables. » L’objectif est clair : « On veut rivaliser et dominer pour placer nos trois-quarts dans les meilleures conditions. »
### Un quadruplé historique en ligne de mire
Le Stade Toulousain peut rejoindre la légende des années 90 avec un quatrième Brennus consécutif. Cet objectif anime tout le groupe : « C’est un de nos leviers de motivation. Une équipe qui a l’opportunité de réaliser un quadruplé, c’est rare. » Les joueurs savent qu’ils sont face à l’histoire : « Cela a été déjà fait par nos pairs, à nous d’au moins les égaler. » François Cros conclut avec force : « On est tous conscients de notre chance de pouvoir défendre ce titre, d’aller en chercher un quatrième d’affilée. C’est dans la tête de chacun. Mais pour y parvenir, il faut répondre présent quand ça compte. »
Malgré les succès déjà engrangés, le Stade Toulousain reste affamé. « Je ne pense pas qu’on soit rassasié. Quand tu portes ce maillot, c’est pour gagner. Je crois qu’on a toujours le même appétit. »






