La saison de l’Aviron Bayonnais a déçu. Après une année parmi les meilleures équipes du championnat, le club basque a terminé à une modeste douzième place, un résultat que le président Philippe Tayeb refuse de minimiser.
Sans chercher d’excuses, il dresse un constat clair : « C’est un bilan négatif, on ne peut pas se contenter de la douzième place. » Cependant, il souligne aussi les progrès réalisés depuis son arrivée à la tête du club. « L’Aviron est un club historique, centenaire, mais le projet du club que l’on porte depuis huit ans est jeune. On a triplé le budget depuis qu’on a commencé ce projet, on a fait un stade quasiment neuf, un centre d’entraînement, on a recruté des joueurs qu’on ne pouvait pas recruter, on garde nos jeunes. »
Le président rappelle également que la chute de Bayonne n’est pas une exception, évoquant la performance en déclin d’autres clubs : « Sur les six premiers clubs qualifiés de l’an dernier, il n’en reste plus qu’un : le Stade toulousain. On ne réalisera pas tous les ans le top quatre. »
Selon Philippe Tayeb, les difficultés ont débuté dès l’intersaison. « La saison n’a pas été prise par le bon bout. Nous sommes restés sur nos acquis. » Il déplore aussi le départ de leaders historiques et une certaine jeunesse encore en formation : « Des leaders de chez nous sont partis à la retraite ou ont quitté le club. Des jeunes ont éclos et c’est tant mieux, mais c’est certain qu’on n’a pas suffisamment travaillé. »
Le président va plus loin et pointe un vrai problème de gestion : « L’intersaison n’a pas été bien gérée. Les mots travail et humilité n’ont pas été au rendez-vous de la saison. »
Sur le plan sportif, la question de l’organisation et le rôle de Laurent Travers restent sensibles. Philippe Tayeb se montre ferme en défense de l’ancien manager du Racing 92, souvent critiqué ces derniers mois. « Laurent Travers a été dans la tourmente, agressé et menacé verbalement, alors qu’il est venu nous aider à la demande du conseil d’administration et du président que je suis. »
Il précise que la fonction de directeur du rugby avait été clairement établie dès son arrivée : « Un manager ne peut pas avoir toutes les fonctions dans un club. C’est pourquoi la fonction de directeur de rugby de Laurent était bien définie. »
Malgré une organisation qui n’a pas porté ses fruits, Tayeb assume pleinement ses choix : « Derrière, ça n’a pas marché. C’est dommage. Si je me suis trompé, j’assumerai, je n’ai aucun problème. Laurent n’avait aucune velléité de reprendre le terrain. La preuve, Ged Fraser est, aujourd’hui, en charge du jeu, du rugby. »
Ce discours lucide illustre la volonté de Bayonne de tirer les leçons d’une saison ratée et de se préparer à entrer dans un nouveau cycle.







