Le Racing 92 se prépare à défier le Stade Toulousain en demi-finale du Top 14, un tournant majeur après une saison précédente décevante. Le talonneur francilien Jannick Tarrit savoure pleinement ce rebond, fruit d’un travail collectif et d’une transformation en profondeur.
« C’est une satisfaction d’avoir fait mieux que la saison dernière, dans une année de transition, c’était un peu perturbant. On a reconstruit un état d’esprit et une image différents et on voit que ça porte ses fruits », confie Tarrit à RMC Sport. À 25 ans, il rappelle que le groupe n’a jamais abandonné : « On a bataillé toute l’année, on était aux portes du Top 6 et à la fin du bal, les musiciens ont été payés. Et on y est, on est tous très motivés, on a envie que ça continue. »
Cette progression s’explique en grande partie par le travail entamé dès la préparation physique estivale. « Ça a commencé cet été, pendant la préparation physique. C’est une des bases de la pyramide mise en place par Patrice », souligne Tarrit. Le groupe a su rester soudé, même dans les moments difficiles : « On ne s’est pas lâchés, parce qu’il y avait eu tout ce travail de cohésion fait en amont. » Cette solidarité a changé le visage de l’équipe : « Le week-end dernier lorsqu’on est menés par Pau, on ne se prend pas la tête, on reste focus sur la stratégie et on arrive à revenir au score. On n’était pas forcément capables de le faire avant. »
Le rôle de Patrice Collazo, arrivé à la tête du Racing, est au cœur de cette métamorphose. « Il est arrivé clairement avec cette idée de construire un groupe et c’est quelqu’un d’intelligent qui a su aussi bien s’entourer et utiliser les qualités des gens qu’il a autour de lui », explique le capitaine. Tarrit insiste aussi sur le travail collectif du staff : « Fred (Michalak), Joe (Rokocoko), Z (Olivier Azam), ils travaillent tous main dans la main et ça nous apporte au quotidien. Ils vont dans une direction, on a une vision claire à suivre, on n’a pas à tergiverser, c’est clair. » Il décrit Collazo comme un homme de caractère, « un certain leadership, un franc-parler ».
Parmi les temps forts difficiles de la saison, Tarrit évoque son carton rouge lors d’un match contre Toulouse : « Je me souviens du moment où j’ai pris mon carton rouge à Toulouse. » Si la réaction immédiate de l’entraîneur a été dure à accepter, elle s’est révélée bénéfique avec du recul : « J’ai trouvé sa manière de gérer la situation assez dure mais avec le recul, je me dis que ça m’a servi parce que ça m’a permis de prendre du recul, de me remettre en question. » Selon lui, cette expérience a constitué une étape cruciale dans son évolution. Il assume pleinement sa responsabilité dans cet épisode : « J’arrive avec 2-3 secondes de retard, je vois qu’il est trop loin, que je ne peux pas l’avoir à l’épaule et j’y vais avec la tête. » Il ajoute, conscient de l’impact de ses actes : « Je me suis rendu compte de l’impact qu’une personne pouvait avoir sur le collectif et sur la stratégie, sur tout le travail qui était mis en amont juste pour un égard et un manque de maîtrise. »
En vue de la demi-finale au Vélodrome, Tarrit affiche un respect profond pour l’adversaire mais refuse de jouer les victimes : « Comme l’a dit Patrice, le Vélodrome c’est la classe, Toulouse c’est encore plus la classe. » Il poursuit : « On a énormément de respect pour eux, mais on sait qu’on est capables de les faire déjouer. » Malgré une légère baisse de domination ces dernières saisons, le capitaine reste prudent : « Ce n’est peut-être pas le Toulouse d’il y a deux ou trois ans, mais ça reste un Toulouse très compétitif, donc il va falloir répondre présent. »
Le Brennus est désormais au cœur des aspirations du Racing. « De toute façon, si on ne joue pas pour gagner, ça ne sert à rien », affirme Tarrit. Le groupe est clairement focalisé sur la victoire : « On va faire tout ce qui est possible pour gagner. » Il conclut sur une note pleine d’ambition : « Notre objectif, c’est le Stade de France et le Brennus, on a tous pris conscience qu’on était capables de faire de grandes choses quand on étaient « switch-on ». »







