Neuf mois avant la finale du Top 14 face à Montpellier, Ugo Mola avait déjà pressenti que le MHR serait un adversaire redoutable. Dès septembre, après une lourde défaite, le manager du Stade Toulousain avait tiré la sonnette d’alarme.
À l’époque, les Rouge et Noir s’étaient inclinés 44-14 au Septeo Stadium, un score sévère qui, avec le recul, apparaît comme un avertissement avant leur affrontement de ce samedi au Stade de France.
### Toulouse dominé sans excuses
Contrairement aux apparences, le Stade Toulousain alignait plusieurs internationaux tels que Cyril Baille, Julien Marchand, Dorian Aldegheri, Thomas Ramos ou Blair Kinghorn. Pourtant, sur le terrain, les Toulousains furent dominés dans tous les secteurs, notamment en mêlée, où la puissance du pack montpelliérain s’est imposée.
À l’issue du match, Ugo Mola ne cherchait aucune excuse :
« On est tombé sur une bonne équipe. Voire très bonne, qui est très costaud sur les fondamentaux, qui nous a pris dans l’agressivité. Après, on ne va pas refaire l’histoire du rugby qui est quand même d’une simplicité rare quand on ne met pas les ingrédients. »
Le manager déplorait surtout l’attitude de ses joueurs :
« Ça fait deux, trois ans, peut-être même quatre, qu’on venait gagner ici avec panache et un état d’esprit assez remarquable. Ce soir, il n’y avait ni le panache ni l’état d’esprit et mettre le maillot ne suffit pas. »
### Une lucidité prémonitoire
Bien que cette défaite ne soit survenue qu’à la troisième journée du championnat, Ugo Mola avait déjà cerné la force du Montpellier Hérault Rugby : une équipe construite sur une conquête solide, une agressivité constante et une discipline rigoureuse.
Depuis, Montpellier a confirmé sa montée en puissance, en remportant la Challenge Cup et en se qualifiant pour la finale du Top 14.
### « Beaucoup viendront s’y casser les dents »
Le plus marquant reste la déclaration de Mola juste après la rencontre, quand personne ne voyait encore Montpellier comme un prétendant au titre :
« Montpellier, pour moi, fait partie de ceux qui seront difficiles à manœuvrer cette saison. Beaucoup viendront s’y casser les dents. Donc, nous, on est avertis. Maintenant, on le sait, on a payé pour comprendre. »
Neuf mois plus tard, ce pronostic résonne comme une prophétie. Si le Stade Toulousain aborde la finale en favori, les joueurs savent qu’ils retrouveront une équipe qui les a fait souffrir comme aucune autre cette saison. Une expérience qui pourrait s’avérer déterminante lorsque les deux formations fouleront la pelouse du Stade de France.







