
Le Stade Toulousain vient de décrocher un quatrième Bouclier de Brennus consécutif, une performance historique qui confirme un peu plus la domination des Rouge et Noir sur le rugby français. Mais au moment où le club savoure un nouveau titre, plusieurs dossiers liés au salary cap et aux contrats d’image continuent d’alimenter les débats.
Interrogé par Midi Olympique, le président de la Ligue Nationale de Rugby, Yann Roubert, s’est longuement exprimé sur ces différents sujets. Sans jamais remettre en cause les performances sportives du champion de France, il rappelle toutefois qu’aucun club, aussi puissant soit-il, ne peut être placé au-dessus des règlements.
Pour Yann Roubert, Toulouse est une référence du rugby français
Avant d’aborder les dossiers disciplinaires, le président de la LNR a souhaité saluer le travail réalisé depuis plusieurs années par le Stade Toulousain.
Pour lui, ce quatrième titre consécutif est tout sauf le fruit du hasard. Il est le résultat d’un projet bâti sur la durée, d’une formation performante et d’une culture de la victoire devenue une véritable marque de fabrique.
Yann Roubert n’a pas tari d’éloges envers le champion de France.
« Toulouse est un beau champion de France et une formidable locomotive pour le rugby français. Quatre titres à la suite, cela ne doit rien au hasard : c’est le fruit d’une culture du jeu, d’une culture de la victoire, d’une formation de joueurs et d’un staff talentueux. Bravo Toulouse et il faut bien rappeler qu’ils sont champions au terme d’une compétition exigeante et disputée sur le terrain. »
Face à ceux qui estiment que cette domination finit par rendre le Top 14 prévisible, Yann Roubert défend au contraire la compétitivité du championnat français.
Selon lui, Toulouse n’a jamais eu la garantie de terminer champion.
« En rugby, le Real Madrid, Manchester City, le PSG et le Bayern Munich jouent tous dans le même championnat : le Top 14. On voit bien, avec les deux dernières finales de Top 14, que Toulouse les gagne à chaque fois avec des scores très serrés, en allant en prolongation contre Bordeaux l’an dernier, en allant au bout de l’effort contre Montpellier. Il faut rappeler qu’ils ont aussi été malmenés à certains moments. Il n’y a aucune garantie pour le Stade Toulousain d’être champion en début de saison. »
Certains lui rappellent pourtant les démonstrations offensives réalisées ces dernières saisons, notamment les 60 points inscrits en finale en 2024 ou les 70 unités passées en demi-finale cette année.
Mais là encore, le président de la Ligue préfère regarder l’ensemble du parcours réalisé par les Toulousains.
Pour lui, les difficultés rencontrées rendent leur réussite encore plus impressionnante.
« Mais à chaque fois, lors de chacune de leurs campagnes, il y a aussi eu des matchs difficiles. Ce qui doit leur donner d’autant plus de mérite. Très clairement, chapeau à eux. »
« Même le champion doit respecter les mêmes règles »
Impossible cependant d’évoquer le Stade Toulousain sans parler des différentes procédures actuellement en cours concernant le salary cap, le transfert de Cheslin Kolbe, le dossier Melvyn Jaminet, les primes de finale ou encore le contrat d’image d’Anthony Jelonch.
Pour Yann Roubert, il est essentiel de dissocier les performances sportives du traitement disciplinaire de ces affaires.
Le président de la LNR insiste sur ce point.
« Ce sont deux choses différentes et il est important de reconnaître la qualité exceptionnelle du Stade Toulousain. Cela est absolument indéniable et bravo à eux. On peut donc reconnaître cette qualité exceptionnelle sans affaiblir un principe essentiel : aucun club, même le champion, ne peut être placé en dehors du cadre commun. »
Il rappelle ensuite que ces dossiers suivent une procédure indépendante de la Ligue.
Yann Roubert insiste sur le fonctionnement des instances.
« Il y a des instances de contrôle indépendantes ; il y a une commission de discipline indépendante qui traite de manière identique absolument tous les clubs et qui, effectivement, statuera sans doute très vite sur le Stade Toulousain. »
Interrogé sur l’accumulation des affaires concernant Toulouse, le président de la Ligue reconnaît que le contexte peut interpeller.
Il rappelle toutefois que certains dossiers ne datent pas de son mandat.
« Effectivement, on ne s’ennuie pas. Certaines datent d’ailleurs d’avant mon arrivée. »
Mais là encore, il refuse tout amalgame entre les procédures disciplinaires et les résultats obtenus sur le terrain.
Pour lui, les deux sujets doivent rester totalement distincts.
« J’aime que l’on parle d’abord du sujet sportif concernant le Stade Toulousain, qui est une formidable réussite. Ensuite, on peut parler des deux mais en dissociant. Et je le répète : même le club le plus performant, le champion, doit être soumis aux mêmes règles que tous les autres. »







