
Une semaine après avoir décroché un quatrième Bouclier de Brennus consécutif, le Stade Toulousain a ouvert les portes de son vestiaire.
Le club champion de France a publié un documentaire d’une heure, Back4Back, la conquête du 25e Brennus, qui retrace les coulisses de ses phases finales. On y découvre notamment plusieurs prises de parole d’Ugo Mola, parfois très fortes, qui ont accompagné son groupe jusqu’au sacre.
Du Vélodrome de Marseille au Stade de France, le manager toulousain n’a cessé de rappeler à ses joueurs qu’ils étaient devenus l’équipe que tout le monde rêvait de faire tomber.
« Tout le monde veut nous crever »
À quelques heures de la demi-finale face au Racing 92, Ugo Mola cherche avant tout à dédramatiser le contexte autour de son équipe.
Le manager rappelle à ses joueurs qu’ils évoluent sous une pression permanente, mais refuse qu’elle devienne un frein.
Avant de quitter l’hôtel pour rejoindre le Vélodrome, il lance un message fort à son groupe.
« Oui c’est une demi-finale, oui c’est une énième demi-finale, oui tout le monde veut nous crever, oui l’histoire du club… Ok, allez, allez, laissons-les parler, laissons-les écrire. Tout le monde a morflé ici, tout le monde a été critiqué. Mais ça, c’est la vie les gars. C’est la vie. »
Quelques instants plus tard, le technicien recentre immédiatement le discours sur ce qui fait, selon lui, la force du Stade Toulousain.
Il insiste sur les liens qui unissent son groupe.
« Il y a une chose qu’ils ne pourront pas nous enlever, c’est ce qui se passe là. Personne ne nous l’enlèvera. Gagnant, perdant, personne ne nous l’enlèvera. […] Aujourd’hui, on a un putain de grand match à faire. Mais pour ça les gars, il faut que chacun d’entre vous joue son meilleur rugby. »
Puis vient le dernier message avant d’affronter le Racing.
Pour Ugo Mola, le talent ne vaut rien sans engagement.
« Le génie et le talent, ça sublime parfois le combat. Si on met le combat en un, le talent, le génie que vous avez parfois, la cohésion qu’on a entre nous émergeront. Mais si on ne met pas le combat d’abord, si on ne met pas l’intensité d’abord, on se raconte des histoires. Combat d’abord… Et après, laissez parler votre rugby. »
La suite est connue : Toulouse écrasera le Racing 92 (71-17).
« On ne freinera qu’à l’arrivée en gare »
Une fois la qualification en finale acquise, Ugo Mola refuse toute forme de relâchement.
Au contraire, il demande à ses joueurs de maintenir la même intensité jusqu’au dernier match de la saison.
Son message est sans équivoque.
« On ne freinera qu’à l’arrivée en gare, on freinera à la fin. Il n’y a pas un mec qui effleure le frein, on fait tout à fond ! »
Sur le terrain d’entraînement, le manager poursuit dans la même veine.
Il prévient ses joueurs que la démonstration contre le Racing ne servira plus à rien le jour de la finale.
« Il faut qu’on fasse une finale stratosphérique. La demie à 70 points, si on a craché tout avant, c’est qu’on s’est raconté des histoires. La demie à 70 points, c’est un mensonge. La réalité, c’est l’équipe qui va cogner, et vous le savez, une finale, ça cogne très fort. Et il y a des mecs qui vont se sacrifier. »
« Vous êtes l’équipe que tout le monde veut battre »
À l’approche de la finale face à Montpellier, Ugo Mola rappelle à son groupe qu’il est en train d’écrire l’histoire du club.
Lors de la traditionnelle « bière du président », il mesure déjà l’empreinte laissée par cette génération.
« Pour beaucoup d’entre vous, vous serez une génération, et peut-être la génération la plus prolifique du club. Ce club est plus grand que tout. On est tous de passage. Mais il y a des gens qui, de passage, marquent le club un peu plus que les autres. Vous faites partie de ceux-là. »
Quelques heures avant le coup d’envoi, le ton change une dernière fois.
Le manager insiste sur le statut désormais assumé de son équipe.
« Vous êtes les mecs qui dérangent, vous êtes les mecs que tout le monde a envie de battre. (…) La gloire, l’histoire, les palmarès, ça ne s’écrit qu’après la victoire. S’il y en a un d’entre vous qui a plus réfléchi à ce qui allait se passer après, au quadruplé, on se plante. »
Enfin, Ugo Mola conclut en rappelant que le Stade Toulousain doit toujours passer avant les individualités.
Son ultime discours est un hommage au collectif.
« La seule chose qu’on doit mettre en avant ce soir, ce n’est pas un joueur, ce n’est pas un membre du staff, ce n’est pas le président, c’est un putain de club. (…) Soyez fiers de ce que vous êtes capables de faire et jouez-moi au rugby. Faites un putain de grand match. Pensez au moment présent. Le reste, on s’en cogne. Le moment présent ! (…) Parce qu’il faut rêver la vie mais nous, on veut rêver le moment présent. Rêve éveillé les mecs ! »
Quelques heures plus tard, le Stade Toulousain dominait Montpellier et décrochait le 25ᵉ Bouclier de Brennus de son histoire, le quatrième consécutif.







