
Maxime Lamothe s’en souviendra toute sa vie. Titulaire pour la première fois sous le maillot du XV de France, le talonneur de l’Union Bordeaux-Bègles a découvert ce samedi ce que représente un test-match en Nouvelle-Zélande face aux All Blacks.
Entre l’intensité du combat, le rythme infernal imposé par les Néo-Zélandais et l’émotion du haka, le Bordelais est reparti frustré par le résultat, mais marqué par cette expérience unique.
Malgré la courte défaite des Bleus (34-32), le talonneur international retient avant tout la prestation de son équipe, persuadé que les Français avaient les moyens de créer l’exploit.
Lamothe croit aux progrès des Bleus
Interrogé par Midi Olympique, le Bordelais regrette avant tout les nombreuses occasions laissées en route par les Français.
« On n’est pas loin, et on est évidemment un peu déçus parce qu’on a eu les opportunités pour gagner. On a quand même livré une belle bataille pendant quatre-vingts minutes, et on a vu de très belles choses. On savait que si on était dans la partie à un quart d’heure de la fin, ça pouvait basculer en notre faveur. On y était… Mais on voit qu’à ce niveau, il nous manque quelques petits détails. »
Le talonneur reconnaît également que l’intensité imposée par les All Blacks est difficile à comparer avec ce qu’il connaît habituellement en club.
Selon lui, les longues séquences de possession néo-zélandaises mettent les organismes à rude épreuve.
« C’est dur. On plaque, on se relève, on plaque, on se relève, on plaque, on se relève, on circule. C’est une équipe qui envoie beaucoup de jeu, même depuis son camp. On était préparés à ça. Il y a des séquences où on a un peu peut-être trop subi, mais on s’est envoyés. Il y a eu des séquences qui ont duré deux, trois minutes, et pas mal d’entre elles sont plutôt satisfaisantes. »
« Ça fait trois semaines qu’on le travaille très dur, c’est quelque chose qui nous tient à cœur car on sait que c’est hyper important. Les automatismes arrivent petit à petit même si, évidemment, tout n’est pas parfait. Je pense qu’on reverra la vidéo. »
« C’est largement au-dessus de ce qu’on connaît en club »
Pour Maxime Lamothe, la différence avec le rugby de clubs saute immédiatement aux yeux.
Le talonneur estime que le niveau international ne pardonne absolument rien.
« C’est largement au-dessus de ce qu’on connaît en club, même en Coupe d’Europe. Il n’y a que des joueurs de niveau international en face, de classe mondiale. Ça se sent. À ce niveau, la différence se fait souvent sur des petites fautes bêtes individuelles. Quand on ne sort pas forcément assez vite de la zone de ruck, quand on y met les mains alors que ce n’est pas nécessaire… On savait que face à cette équipe, si on se fait trop pénaliser, on passe toute la mi-temps dans son camp. On en a pris conscience sur la deuxième mi-temps, même si ça n’a pas suffi. »
Le joueur de l’UBB est également revenu sur la conquête, un secteur très observé avant cette rencontre.
S’il reconnaît quelques imperfections, il estime que les bases sont encourageantes pour une équipe qui manque encore d’automatismes.
« On sait qu’on perd une ou deux munitions en touche, ce sont des choses qu’il faut gommer à ce niveau. En mêlée, ça a été pareil mais les Blacks en ont perdu aussi, donc je pense que le bilan de la conquête est assez neutre. On va dire qu’on est en progrès, d’autant qu’on n’avait pas forcément l’habitude de jouer ensemble. Il y a encore beaucoup de petits détails à peaufiner, mais ça va finir par marcher. »
Le haka, un souvenir gravé à jamais
Au-delà du résultat, Maxime Lamothe retiendra longtemps le moment où il s’est retrouvé face au haka des All Blacks.
Le talonneur français reconnaît avoir vécu un instant qu’il regardait enfant à la télévision.
« C’est assez impressionnant, mais c’est toujours incroyable à vivre. Quand on est petit et qu’on voit ça à la télé, on trouve ça incroyable. Être en face, c’est assez exceptionnel. J’aurais aimé quand même qu’il y ait la victoire, mais il faut quand même profiter de ces moments-là. »







