
La hiérarchie du XV de France est-elle en train de basculer ? Éblouissant depuis plusieurs mois sous le maillot bleu, Matthieu Jalibert a encore marqué de précieux points lors de la courte défaite contre la Nouvelle-Zélande (34-32), samedi à Christchurch.
À quelques jours du match contre l’Australie, Fabien Galthié doit désormais gérer une concurrence qui n’a sans doute jamais été aussi forte avec Romain Ntamack.
Jalibert enchaîne les prestations de très haut niveau
Déjà étincelant tout au long de la saison avec l’Union Bordeaux-Bègles, Matthieu Jalibert a confirmé son excellente dynamique face aux All Blacks.
Chef d’orchestre du jeu français, l’ouvreur a constamment mis la défense néo-zélandaise sous pression grâce à sa créativité, sa vision et sa capacité à attaquer la ligne. Il a même inscrit l’essai qui a relancé les Bleus dans les dernières minutes, permettant au XV de France de croire jusqu’au bout à un exploit historique.
Depuis le Tournoi des Six Nations, le numéro 10 bordelais enchaîne les prestations de référence sous le maillot tricolore, au point de rebattre les cartes à son poste.
Ntamack arrive… et le débat est relancé
Jusqu’à présent, lorsque Romain Ntamack était disponible, la hiérarchie semblait claire.
Mais les performances de Matthieu Jalibert compliquent désormais la réflexion du staff français.
Le Toulousain, fraîchement sacré champion de France avec le Stade Toulousain, a rejoint le groupe en Australie et devrait logiquement postuler pour une place de titulaire face aux Wallabies.
Reste une question : que faire d’un Jalibert aussi performant ?
Selon un proche du groupe France, Fabien Galthié avait anticipé cette situation.
Comme le confie une source proche des Bleus au journal Le Parisien :
« Fabien Galthié avait anticipé cette situation. Donc il a son idée. Romain n’a pas traversé la planète pour faire banquette, mais vu ce que fait Matthieu en équipe de France depuis le Tournoi, il est difficile de ne pas en faire un numéro un, au risque de créer un sentiment d’injustice, ce qui n’est jamais bon au sein d’un groupe. »
Un Jalibert totalement transformé
Ce nouveau statut est aussi le fruit d’une évolution personnelle.
Après plusieurs années marquées par des blessures et une relation parfois compliquée avec le staff des Bleus, Matthieu Jalibert semble avoir franchi un cap.
Un de ses proches explique cette évolution :
« Cette saison, il s’est concentré sur lui et sur son club uniquement, sans penser à l’équipe de France. Il a pris beaucoup de maturité. Il est devenu particulièrement méticuleux, et il a énormément travaillé, notamment pour prendre soin de son corps, qui lui a souvent joué des tours. Son état d’esprit n’est plus le même du tout. »
Une progression qui se traduit aujourd’hui sur le terrain.
Ntamack affiche un discours collectif
De son côté, Romain Ntamack ne semble pas vouloir alimenter le débat.
Avant de rejoindre les Bleus, l’ouvreur toulousain avait assuré qu’il accepterait pleinement son rôle, quel qu’il soit.
Le champion de France expliquait :
« Une sélection ne se refuse pas, que ce soit pour être titulaire, remplaçant ou même hors du groupe. J’y vais avec le plaisir de jouer, et pour apporter ce que j’ai à apporter. Si je joue, tant mieux. Si je ne joue pas ou si j’ai moins de temps de jeu, ça ira très bien aussi. Je me mets au service du groupe, et je vais apporter ma bonne humeur. »
Une concurrence qui peut profiter aux Bleus
Pour l’ancien international Guy Accoceberry, cette rivalité est avant tout une excellente nouvelle pour le XV de France.
Le staff de Fabien Galthié va désormais pouvoir observer comment les deux ouvreurs cohabitent au sein du groupe, avec un objectif bien plus important que le seul Championnat des Nations : préparer la Coupe du monde 2027 en Australie.
Une chose est certaine : après son nouveau récital face aux All Blacks, Matthieu Jalibert n’a jamais autant bousculé la hiérarchie chez les Bleus. Et le débat autour du numéro 10 est désormais totalement relancé.







