
Le Sporting Club Salonais traverse une crise sans précédent. Huit mois après des faits présumés d’atteinte à l’intimité de plusieurs joueuses, une enquête judiciaire est toujours en cours.
Si la vidéo évoquée par plusieurs témoins reste introuvable à ce jour, le parquet d’Aix-en-Provence poursuit ses investigations et la Fédération française de rugby a décidé de se constituer partie civile.
Les joueuses affirment avoir découvert les faits plusieurs semaines plus tard
Les faits remonteraient au 14 décembre 2025.
Après une rencontre de l’équipe féminine, plusieurs joueuses du Sporting Club Salonais auraient été filmées à leur insu alors qu’elles se trouvaient sous les douches du stade Marcel-Roustan. Selon plusieurs témoignages, les images auraient été captées à l’aide d’un téléphone portable placé au niveau de la porte communicante entre les vestiaires féminins et masculins.
Les principales intéressées n’auraient pourtant rien remarqué sur le moment.
Les joueuses expliquent avoir été alertées plus d’un mois après les faits.
« À ce moment-là, nous avons immédiatement informé nos dirigeants, qui ont relayé l’information au bureau directeur du club. »
Selon leur témoignage, plusieurs personnes présentes lors d’une troisième mi-temps leur auraient indiqué avoir vu circuler cette vidéo.
Une enquête judiciaire toujours en cours
Après avoir tenté, selon elles, de déposer plainte à deux reprises sans succès, les joueuses ont finalement saisi directement le parquet d’Aix-en-Provence.
Une plainte contre X a alors été enregistrée.
Le procureur Jean-Luc Blachon confirme que de nombreuses investigations ont déjà été menées.
Le parquet précise via L’équipe que les recherches se poursuivent.
« Beaucoup d’investigations ont été réalisées. Plus de vingt personnes ont été entendues. Et pour l’instant, l’enquête n’a pas permis d’identifier les auteurs ni de retrouver cette vidéo. »
Selon les éléments recueillis, les images auraient circulé via des applications de messagerie comme WhatsApp ou Snapchat, ce qui complique considérablement le travail des enquêteurs.
À ce stade, aucune personne n’a été mise en cause et les faits restent en cours d’investigation.
Les joueuses dénoncent un lourd traumatisme
Au-delà de l’enquête judiciaire, plusieurs joueuses évoquent des conséquences psychologiques importantes.
Certaines confient faire des cauchemars depuis plusieurs mois. D’autres affirment avoir envisagé d’arrêter définitivement le rugby.
L’une d’elles explique que l’équipe n’a plus réussi à fonctionner normalement.
« Notre saison a été écourtée tant il est devenu difficile pour l’équipe de poursuivre son activité dans un climat aussi pesant. »
Faute d’effectif suffisant, la saison de l’équipe féminine s’est arrêtée dès le début du mois d’avril.
La FFR apporte son soutien aux joueuses
Face à cette affaire, la Fédération française de rugby a décidé de se constituer partie civile.
Elle a également orienté les joueuses concernées vers son dispositif d’accompagnement psychologique.
Le vice-président de la FFR assure que la Fédération suivra attentivement la suite de la procédure.
« La FFR apporte son soutien aux joueuses ayant déposé plainte auprès des autorités compétentes, dans le respect de l’enquête judiciaire en cours. La Fédération sera attentive aux résultats de l’enquête et prendra, le cas échéant, toute mesure appropriée. »
De leur côté, les joueuses regrettent que l’impact humain de cette affaire ait parfois été relégué au second plan.
Elles rappellent avant tout leur volonté de continuer à pratiquer leur sport dans des conditions sereines.
« Ce sport est déjà extrêmement masculinisé, et il est difficile de s’y créer une place. Mais nous l’aimons profondément, et nous voulons simplement pouvoir continuer à le pratiquer sans avoir à vivre de telles situations. »







