
L’avenir de Nissa Rugby reste plus que jamais suspendu à une décision financière. Promu sportivement en Pro D2 au printemps, le club azuréen doit présenter une garantie de 4,6 millions d’euros pour valider son engagement dans le championnat. À défaut, une exclusion semble désormais inévitable, même si un appel devrait ensuite repousser l’échéance de quelques semaines.
Au cœur des discussions, un nouveau bras de fer oppose la municipalité de Nice et l’actionnaire de référence du club, la société SIE dirigée par Jean-Baptiste Aldigé. Le maire, Éric Ciotti, a adressé un courrier au président démissionnaire pour lui soumettre une ultime proposition, tout en lui demandant d’assumer seul l’effort financier restant.
Le journal L’équipe fait le point sur ce dossier.
Une nouvelle proposition de la mairie
Pour permettre au club de développer ses recettes, la municipalité propose désormais la construction d’une tribune permanente de 1 400 places d’hospitalités à partir de septembre 2027.
Cette solution remplace le projet de tribune provisoire qui avait été envisagé sous la précédente municipalité afin de compenser les recettes en attendant la construction d’un nouveau stade de 12 000 places.
Dans son courrier, Éric Ciotti rappelle que les collectivités ont déjà fortement soutenu le club.
Le maire estime que les aides publiques ont atteint leur limite.
« En intégrant l’ensemble des concours publics apportés par les différentes collectivités, le club a bénéficié de près de 4,5 M€ d’aides au titre de cette saison. Un tel niveau de soutien est inédit en France (…) et témoigne de la volonté constante des collectivités, et tout particulièrement de la ville de Nice, de lui donner toutes les chances de se structurer et de poursuivre son développement. La ville est d’ailleurs allée au maximum de ce qu’elle pouvait légalement accorder en matière de subventions. »
Aldigé invité à financer seul la garantie
Malgré cette proposition, la question centrale reste entière : comment réunir les 4,6 millions d’euros de garantie exigés par l’Autorité de régulation du rugby ?
Jean-Baptiste Aldigé a toujours assuré que ses actionnaires étaient prêts à injecter 2,5 millions d’euros. Il manque toutefois encore un peu plus de deux millions d’euros pour satisfaire aux exigences financières.
Pour Éric Ciotti, il appartient désormais aux investisseurs du club de combler cette différence.
Le maire refuse que la ville participe davantage au financement.
« Il vous appartient de bâtir avec les investisseurs un budget raisonnable fondé sur un modèle économique viable. En l’état, les choix opérés entraîneront à nouveau un déficit de plusieurs millions d’euros que la ville ne pourra pas combler. »
La menace d’un repreneur en arrière-plan
En conclusion de son courrier, le maire adresse également un message très clair aux actionnaires historiques du club.
Éric Ciotti évoque même l’existence d’un candidat à la reprise.
« Il appartient désormais à la famille Gave de prendre ses responsabilités. Si elle considère ne plus être en mesure de porter durablement ce projet, elle devra en tirer toutes les conséquences, en sachant qu’à notre connaissance, un repreneur s’est déjà positionné. »
Cette déclaration ajoute une nouvelle dimension au dossier alors que Nissa Rugby joue son avenir à très court terme. En cas de refus des garanties financières, le club devrait être exclu de la Pro D2 dans un premier temps avant de faire appel.
Si cette procédure n’aboutissait pas, Mont-de-Marsan, battu par les Niçois lors du match d’accession, serait le principal candidat au repêchage.







