
Lorsqu’il pose ses valises dans la Ville Rose à l’automne 2022, le troisième ligne international anglais Jack Willis arrive dans un anonymat relatif. Libéré au cœur de la saison après le dépôt de bilan tragique de son club formateur des London Wasps, le joueur débarque en Haute-Garonne sous la forme d’un pari d’opportunité de la part des décideurs rouge et noir.
Personne n’imagine alors qu’il va rapidement s’imposer comme l’un des meilleurs flankers de la planète.
Derrière cette réussite sportive éclatante et ce mariage aujourd’hui idyllique, se cache pourtant un traumatisme humain et une cassure brutale qui ont totalement redéfini le cours de sa carrière. Midi Olympique révèle les détails.
La faillite brutale des Wasps et un séisme familial
Officialisé au Stade Toulousain le 24 novembre 2022, le recrutement du troisième ligne fait suite à la banqueroute éclair des Wasps. Du jour au lendemain, joueurs et employés de l’institution anglaise se retrouvent sur le carreau. Un traumatisme vécu de plein fouet par le joueur, privé brutalement de ses repères et séparé sur le terrain de son frère Tom Willis (qui prendra plus tard la direction de l’Union Bordeaux-Bègles).
Le troisième ligne anglais se remémore le jour où son club de cœur a mis la clé sous la porte.
« Imaginez, nous sommes arrivés le lundi. Et un inconnu nous a dit que nous avions perdu notre travail et que nous ne jouerions plus ensemble, même pas une minute, avec certains de mes meilleurs amis avec qui j’avais grandi et avec mon frère. Cela laisse une cicatrice. »
Le coup de flair parfait de la direction haut-garonnaise
Contraint de rebondir au plus vite pour poursuivre sa carrière professionnelle, le flanker trouve en Toulouse un refuge idéal. Si la signature d’un joueur international fait toujours son effet, le monde du rugby ne mesure pas encore l’impact gigantesque qu’aura l’Anglais sur le collectif toulousain. Les dirigeants haut-garonnais ont simplement su flairer le coup parfait au milieu du chaos britannique.
Quelques mois après son arrivée en France, Jack Willis avouait d’ailleurs qu’il n’aurait jamais quitté l’Angleterre sans ce drame financier.
« Je pense sincèrement que, si les Wasps n’avaient pas connu cette banqueroute, j’y serais encore et j’y aurais probablement passé toute ma carrière. »
Une moisson de titres inédite sous le maillot rouge et noir
Si la séparation avec son club formateur reste douloureuse, son adaptation au jeu haut-garonnais s’est révélée fulgurante. Aux côtés des cadors de l’effectif toulousain, le frère de l’actuel troisième ligne de l’UBB a rapidement empilé les trophées, soulevant déjà quatre Boucliers de Brennus et une Champions Cup.
Une union imprévue née d’un drame économique, devenue l’un des plus grands coups d’éclat du recrutement toulousain ces dernières années.







