
C’est une affaire qui a laissé une marque indélébile dans l’histoire moderne du championnat de France. Élu meilleur joueur de la saison 2015-2016 et tout juste sacré champion de France avec le Racing 92, Johan Goosen a provoqué un séisme retentissant à l’automne 2016.
Alors qu’il venait de prolonger son contrat jusqu’en 2020 avec le club francilien, le trois-quarts polyvalent s’envole pour disputer la tournée d’automne avec l’Afrique du Sud… pour ne plus jamais remettre les pieds à Paris.
Après son dernier match disputé le 5 novembre face à Montpellier, l’international sud-africain disparaît des radars franciliens, laissant derrière lui des dirigeants abasourdis et un feuilleton judiciaire d’une rareté absolue dans le rugby professionnel.
Midi Olympique revient sur cette folle affaire.
La fureur de Jacky Lorenzetti et l’offensive judiciaire
Incapable de faire entendre raison à son joueur vedette, le président du Racing 92, Jacky Lorenzetti, décide de frapper extrêmement fort au portefeuille pour sanctionner ce qu’il considère comme une trahison caractérisée et une rupture de contrat unilatérale.
Le patron du club francilien exprime publiquement sa colère et dévoile l’arsenal juridique déployé contre le fuyard.
« Il y a trois procédures en cours : une au civil, une au pénal et une aux prud’hommes. Les gens qui ont conduit à cette situation sont des irresponsables. »
Le club francilien réclame alors la somme colossale de 5 millions d’euros pour compenser le préjudice subi par cette désertion inattendue.
L’étouffement parisien : les confessions poignantes du joueur
Pendant de longs mois, le monde du rugby cherche à comprendre les motivations profondes de cette fuite spectaculaire. C’est finalement dans les colonnes de Midi Olympique que le meilleur joueur du Top 14 2015-2016 choisit de rompre le silence pour détailler son mal-être grandissant en banlieue parisienne.
Le trois-quarts sud-africain justifie son départ soudain par une incapacité chronique à s’adapter au mode de vie citadin.
« Pour être clair, je ne me sentais pas bien à Paris. Je suis Sud-Africain, j’ai besoin d’espace et, en banlieue parisienne, les immeubles sont si proches les uns des autres que j’avais l’impression d’étouffer. J’avais la sensation désagréable de vivre dans une boîte. »
Vendeur de selles et transporteur de chevaux : la reconversion improbable
En rentrant précipitamment sur ses terres natales, Johan Goosen tourne radicalement le dos au statut de star du rugby mondial pour embrasser une existence à l’opposé des projecteurs du Top 14.
L’ancien joueur du Racing détaille sa nouvelle vie surprenante au milieu des fermes sud-africaines.
« J’ai directement rejoint Murraysburg, où l’on m’avait offert un contrat chez Newline Saddle. Et puis, j’ai commencé à travailler. J’ai réellement travaillé. Tous les fermiers de ma région peuvent en attester. Quatre jours par semaine, j’étais sur les routes, de Bloemfontein à Kimberley en passant par Murraysburg. Je transportais des chevaux, vendais des selles. J’avais la vie d’un ouvrier lambda. »
Au terme de cette histoire rocambolesque et après avoir rompu le bail qui le liait aux Franciliens, l’international sud-africain finira pourtant par faire son retour en France dès 2018, en s’engageant cette fois du côté de Montpellier.







