
Le Top 14 s’apprête à débuter une nouvelle saison avec un Salary Cap légèrement assoupli, mais profondément remanié sur plusieurs points. Si la Ligue Nationale de Rugby souhaite offrir davantage de souplesse aux clubs, certaines évolutions pourraient avoir des conséquences importantes pour les deux principaux pourvoyeurs du XV de France : le Stade Toulousain et l’Union Bordeaux-Bègles.
Entre hausse du plafond salarial, évolution des contrats d’image et nouvelle répartition des crédits liés aux internationaux, les cartes sont en train d’être redistribuées.
Un plafond salarial relevé à partir de cette saison
Première évolution majeure : le plafond du Salary Cap augmente.
Fixé à 10,7 millions d’euros lors de la saison 2025-2026, il passe désormais à 11 millions d’euros pour l’exercice 2026-2027.
La progression se poursuivra ensuite progressivement, avec une augmentation de 100 000 euros par saison, jusqu’à atteindre 11,3 millions d’euros en 2029-2030.
À travers cette mesure, la LNR souhaite offrir un peu plus de marge de manœuvre aux clubs tout en tenant compte de l’évolution économique du rugby professionnel.
Les contrats d’image sortent du Salary Cap
La réforme ne s’arrête pas au simple relèvement du plafond.
À compter de cette saison, les contrats d’image conclus avec les équipementiers ne seront plus intégrés dans le calcul du Salary Cap, y compris lorsque le joueur et son club sont liés au même partenaire commercial.
Cette évolution doit permettre aux joueurs de mieux valoriser leur image sans pénaliser la masse salariale de leur club.
Le sujet avait notamment animé les discussions ces derniers mois à Bordeaux.
Le président de l’UBB, Laurent Marti, expliquait qu’avec l’ancien règlement, un contrat signé entre Louis Bielle-Biarrey et Adidas aurait pu venir alourdir artificiellement le Salary Cap du club si les deux parties partageaient le même équipementier.
Cette modification apporte donc davantage de souplesse aux clubs disposant de joueurs très attractifs commercialement.
Une réforme moins favorable aux grands fournisseurs du XV de France
En revanche, un autre changement pourrait avoir des conséquences bien plus importantes.
La LNR a décidé de revoir le mécanisme des crédits accordés aux clubs qui mettent des internationaux à disposition du XV de France.
Ces crédits continueront d’exister, mais leur calcul évolue.
Le montant attribué sera désormais dégressif en fonction du nombre de joueurs présents sur la Liste Premium du XV de France.
Autrement dit, plus un club compte d’internationaux, moins le crédit accordé par joueur sera élevé, même si un plafond maximal de 1,575 million d’euros est prévu pour les clubs comptant quatorze joueurs ou davantage.
La réforme prévoit également qu’un club perdant plusieurs internationaux d’une saison sur l’autre ne pourra pas voir ses crédits diminuer de plus de 300 000 euros, contre 200 000 auparavant.
Toulouse et Bordeaux parmi les clubs les plus concernés
Sur le papier, cette nouvelle répartition pourrait toucher en priorité le Stade Toulousain et l’Union Bordeaux-Bègles.
Ces deux clubs alimentent régulièrement le XV de France avec un nombre très important d’internationaux.
À Toulouse, plusieurs cadres sont concernés, parmi lesquels Thomas Ramos, Cyril Baille, François Cros, Anthony Jelonch ou encore Emmanuel Meafou.
Bordeaux-Bègles n’est pas en reste avec Louis Bielle-Biarrey, Marko Gazzotti, Jefferson Poirot, Pierre Bochaton, Boris Palu ou Arthur Retière.
Si la sortie des contrats d’image constitue une bonne nouvelle pour ces effectifs riches en joueurs très médiatisés, la nouvelle formule des crédits internationaux pourrait, à l’inverse, réduire une partie de l’avantage dont bénéficiaient jusque-là les clubs fournissant le plus de joueurs au XV de France.
La réforme du Salary Cap apparaît donc plus nuancée qu’il n’y paraît. Derrière une hausse du plafond salarial et un assouplissement des règles sur les contrats d’image, elle modifie également l’équilibre des compensations versées aux clubs les plus sollicités par les Bleus. Un changement qui pourrait peser sur les prochaines stratégies de recrutement et de prolongation des deux poids lourds du rugby français.







