
Chaban-Delmas reste l’un des symboles de l’Union Bordeaux-Bègles, mais son âge pose désormais de sérieux problèmes. Laurent Marti ne cache ni la vétusté de l’enceinte ni ses limites en matière de capacité et de confort.
Malgré cela, le président de l’UBB n’imagine pas abandonner facilement un stade auquel les supporters restent profondément attachés.
Bordeaux évolue régulièrement à guichets fermés à Chaban-Delmas. Pour Marti, ce succès populaire ne s’explique toutefois pas uniquement par les performances sportives : l’UBB tient également à conserver des tarifs permettant au plus grand nombre d’assister aux rencontres.
« On pourrait vendre plus cher mais il n’en est pas question »
Le président bordelais rappelle notamment l’existence de billets à seulement 5 ou 10 euros et la gratuité accordée aux enfants de moins de 10 ans.
Même avec une demande supérieure à la capacité disponible, Marti refuse d’utiliser cette situation pour augmenter fortement les prix comme il l’explique pour Ici Gironde :
« Si on dit que le Stade Chaban-Delmas est trop petit car nous sommes toujours à guichets fermés, c’est aussi car on a un prix tout à fait acceptable pour les premières places : 5 euros et 10 euros. C’est même gratuit pour les moins de 10 ans, il n’y a que deux clubs en France qui font cela et on l’a maintenu. Donc on pourrait vendre plus cher mais il n’en est pas question. »
Une autre solution existe pourtant : délocaliser davantage de rencontres au Stade Atlantique, dont la capacité est nettement supérieure. Mais le changement d’enceinte ne séduit pas forcément le public bordelais.
Chaban conserve une dimension affective que son président juge difficilement remplaçable :
« On a la possibilité d’aller au Stade Atlantique mais quand vous dites au gens d’aller dans ce stade, globalement vous avez de la réticence car on est tous amoureux de Chaban-Delmas. C’est un vieux stade plein d’histoire. »
« C’est la vieille maison de famille »
Cet attachement n’empêche pas Laurent Marti de reconnaître des difficultés très concrètes. Les toilettes font notamment partie des problèmes rencontrés, avec des canalisations affectées par l’évolution même de la structure du stade.
Le président de l’UBB décrit sans détour la situation :
« On sait qu’il y a beaucoup de problèmes. On sait qu’il y a des problèmes de toilettes, la mairie de Bordeaux est dessus. On fait ce que l’on peut mais le stade s’affaisse et bouche les canalisations. Vous voulez faire quoi ? Les sièges sont serrés, les partenaires sont serrés, mais à l’arrivée, c’est la vieille maison de famille où tout le monde a envie de se retrouver. »
L’UBB tente donc de trouver un équilibre entre son attachement à Chaban et la nécessité de disposer ponctuellement d’une enceinte plus importante. Deux rencontres sont déjà organisées au Stade Atlantique, et ce nombre pourrait augmenter.
Marti envisage notamment d’y disputer un troisième match cette saison :
« Donc on fait deux matches au Stade Atlantique, peut-être que l’on en fera trois cette saison, c’est l’occasion de remplir plus et de faire venir plus de gens. Je n’ai pas la solution miracle. »
Le dilemme est parfaitement résumé : Chaban-Delmas est vieillissant, trop exigu à certains niveaux et régulièrement complet, mais il reste la maison de l’UBB et de ses supporters. Une dimension affective qui rend toute solution radicale particulièrement compliquée.







