
Son arrivée n’était absolument pas programmée, mais Castres pourrait avoir réalisé l’une des belles opérations de l’été. À bientôt 35 ans, Hamish Watson a rejoint le CO après la grave blessure de Dalton Papali’i. L’ancien international écossais, qui a longtemps figuré parmi les meilleurs troisièmes lignes européens, entend profiter de cette aventure en Top 14 pour donner un dernier grand frisson à sa carrière.
Watson sort pourtant d’une période délicate. Après quinze saisons et 181 apparitions avec Édimbourg, son histoire avec le club écossais s’est brutalement terminée dans le cadre d’une volonté de rajeunir l’effectif et de réduire la masse salariale.
Un départ d’Édimbourg encore douloureux
L’homme aux 59 sélections avec l’Écosse, élu meilleur joueur du Tournoi des Six Nations en 2021 et appelé avec les Lions britanniques et irlandais la même année, imaginait difficilement terminer ainsi son immense aventure à Édimbourg.
Quelques mois plus tard, Watson ne cache toujours pas son amertume :
« Je n’ai pas été très bien traité à la fin. »
Son avenir semblait ensuite devoir s’écrire à Leicester, où il avait déjà disputé quelques rencontres. Mais alors que les Tigers étaient proches de le recruter, la grave blessure de Dalton Papali’i a complètement bouleversé les plans de Castres.
Le CO devait trouver rapidement une solution. Trois jours ont suffi pour convaincre Watson.
Dans Midi Olympique, Xavier Sadourny reconnaît que le timing a été particulièrement favorable aux Castrais :
« Quand Dalton s’est blessé, nous avons sauté sur l’opportunité de faire venir Hamish Watson. Il allait signer avec Leicester, on a eu de la chance d’arriver au bon moment. Il a une grosse expérience et a une grosse volonté de relever le challenge du CO. »
Pour Watson, cette proposition représentait surtout l’occasion de découvrir enfin le championnat français après une carrière presque entièrement passée en Écosse.
Le troisième ligne n’a pas hésité longtemps avant d’accepter :
« L’opportunité de découvrir le rugby français est pour moi une superbe perspective. Compte tenu de la blessure de Dalton Papali’i, le CO m’a contacté ces derniers jours et j’ai dû me décider très rapidement. Je l’ai fait avec enthousiasme. Je sais que plusieurs grands joueurs écossais ont évolué à Castres et je rejoins ce club en pleine forme, avec la ferme intention de l’aider à performer au plus haut niveau. »
« J’ai beaucoup de feu intérieur »
Son âge constitue forcément l’une des interrogations. Watson aura 35 ans le 15 octobre, mais ses dernières expériences avec Leicester l’ont rassuré sur sa capacité à supporter les exigences du haut niveau.
L’Écossais assure surtout que sa motivation reste intacte :
« Je suis content de découvrir le Top 14, c’est une ligue très intéressante à jouer. Je me sens prêt : quand j’ai joué pour Leicester récemment, j’ai vu que mon corps était encore capable d’encaisser les matchs. Même si j’ai un peu vieilli, je me sens encore en forme ! J’ai beaucoup de feu intérieur pour montrer ce que je vaux. »
Ses premières sorties de présaison ont d’ailleurs confirmé que son profil pouvait parfaitement correspondre à l’identité castraise. Défense, plaquage, grattage et combat : Watson possède plusieurs qualités historiquement valorisées par le CO.
Sadourny voit d’ailleurs une différence nette avec le profil de Papali’i :
« Dans son profil, il est plus « terrien » que Dalton, c’est un gratteur-plaqueur exceptionnel. »
Cette identité a aussi joué dans la décision du joueur. Dès les premiers échanges avec la direction, Watson s’est reconnu dans le fonctionnement du club tarnais.
Une philosophie simple lui a particulièrement plu :
« J’ai reçu un appel via Zoom où les dirigeants du CO m’ont expliqué le projet. Je me suis reconnu dans ces valeurs-là, un peu à l’ancienne. Si tu ne travailles pas, tu ne joues pas. La règle est simple. »
« Aux données GPS, il sort toujours premier »
Quelques semaines ont suffi pour convaincre ses nouveaux partenaires. Malgré son âge et son immense expérience, Watson n’est visiblement pas arrivé dans le Tarn pour gérer tranquillement une fin de carrière.
Florent Vanverberghe a notamment découvert un joueur capable de donner le ton quotidiennement à l’entraînement.
Le deuxième ligne castrais se montre impressionné par son investissement :
« Franchement, je l’adore. J’ai pu beaucoup échanger avec lui. Avoir un joueur et un homme qui a son vécu et qui partage ça avec nous, c’est énorme. Aux entraînements, son activité sur le terrain est monstrueuse. Aux données GPS, il sort toujours premier. En muscu, il sort toujours premier. On voit que c’est un joueur de très haut niveau et qui est venu avec l’intention de rester à ce niveau-là. Je ne le vois pas dans l’économie. Je ne le vois pas dans le fait de se gérer ou quoi que ce soit. Il est tout le temps à 100 %. Il a la mentalité de faire bien et de montrer qu’on a recruté Hamish Watson. J’ai l’impression que ça, ça va être super bénéfique pour nous. Franchement, dans sa qualité de plaquage, sa qualité de replacement, de grattage, le gars est très costaud ! Je suis vraiment content de pouvoir jouer avec ce type de joueur-là. C’est inspirant quand même ! »
L’intégration dépasse déjà le terrain. Watson prend des cours de français et cherche à découvrir Castres et sa population.
L’accueil reçu depuis son arrivée l’a visiblement marqué :
« Je ne suis pas un bon cuisinier (rires). Je suis allé dans des restaurants, j’ai passé du temps avec les Castrais. Tout le monde a été génial. Les joueurs, les gens autour du club, j’ai été très bien accueilli. On ressent une forte communauté autour du CO, avec une ambiance très chaleureuse. Tout le monde fait tout pour que je me sente bien. »
Engagé jusqu’en juin 2027, Hamish Watson devra désormais trouver sa place dans une troisième ligne déjà riche autour notamment de Mathieu Babillot, Baptiste Delaporte et Abraham Papali’i Ramototabua.
Mais ses premières semaines montrent déjà que Castres n’a probablement pas recruté un ancien grand joueur venu terminer tranquillement sa carrière : à bientôt 35 ans, l’Écossais semble toujours animé par la même envie de combattre.







